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Livre XV. Amérique boréale.
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ILES OCCIDENTALES DE L'AKCUIPEL POLAIRE.

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côte septentrionale du Labrador, et rejoignant le littoral au delta du Mac-kenzie , fait partie de l'archipel Polaire : la péninsule de Melville, qui tientà peine au continent par un mince pédoncule, la presqu’île de BoothiaFélix que les premiers explorateurs croyaient être une île, enfin la terred’Adelaide, à demi séparée de la terre ferme par le golfe de Sherman, setrouvent appartenir à la même division naturelle que la terre du Roi (luil-laume (King Williams kind), celles du Prince Albert et de Baring. Lesamorces de détroits, indiquées, du côté de la mer de Iludson, par les fjordsou inlets de Wager et de Chesterlield, et du coté de la mer Polaire par legolfe de Sherman, sont les limites naturelles de cette région du mondeinsulaire arctique.

Dans ces terres, îles et péninsules, il n’y a point de chaînes de monta-gnes proprement dites. Les plus hauts sommets signalés par les navigateursne dé|)assent pas 500 mètres et la neige qui les recouvre comme les plainesenvironnantes diminue leur relief apparent; les collines ne reprennentleur hauteur que dans les endroits où elles se dressent en falaises et enparois verticales, n’ayant de neige que sur d’étroites corniches. Mais dansl’ensemble le pays est très accidenté, et des lacs en parsèment la surface.Dans File du Prince Albert, des pics de la côte occidentale ont l’aspect decônes v s, mais Mac-Clure, qui les aperçut, ne put constater quelle

en est la véritable origine 1 . Sur de vastes étendues, le littoral est composéde dolomite, dont les assises, presque horizontales, se continuent régulière-ment jusqu’à perte de vue. Dans le voisinage des côtes, le fond de la mer,visible à une profondeur considérable, grâce à sa blancheur, ressembleà un lit de marbre. Comme dans les autres parties de l’archipel Polaire,on a trouvé dans cette région des traces nombreuses d’exhaussement : çàet là d’anciennes plages sont couvertes de coquillages et de bois flotté; dansFile de Cormvallis c’est à plus de 500 mètres que se voit ce littoral aban-donné. Sur les rivages de File Banks, Mac-Clure et ses compagnons recueil-lirent des bois fossiles, des glands et des rameaux pétrifiés, qu’ils empor-tèrent lorsqu’ils durent abandonner leur navire, après un long séjour dansles glaces. On garde maintenant ces débris comme de précieux trésors dansles musées britanniques, non seulement à cause de leur importance poul-ies savants, mais aussi en souvenir des vaillants marins qui les ont rap-portés. Même sur les bords de la mer Paléocrystique, les compagnons deGreely découvrirent aussi des forêts pétrifiées. Dès l’année 18"2fi, RobertJameson avait reconnu l’existence de ’ es fossiles témoignant d’un

1 Slierard Osborn, Straij Leaves from an Arctic Journal.