CLIMAT DES ILES POLAIRES.
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vingt années avant rju’on eût achevé la circumnavigation de l’Amérique ,reconnaître approximativement l’endroit où l’aiguille pointe vers le centrede la planète : sur l’emplacement de l’observatoire, l’écart de la verticalitéétait encore d’un soixantième de degré; le lieu précis du pôle devait setrouver alors à une petite distance en mer, vers le sud-ouest. C’est à•2215 kilomètres au sud du véritable pôle qu’était alors, en 1851, le pointde convergence de tous les rayons d’inclinaison magnétique dans l'hémi-sphère septentrional : c’est doue qu’on a découvert, sous une autre l’orme,le « rocher polaire », l’aimant que les navigateurs du moyen âge s’imagi-naient exister dans les parages du nord, et qu’ils disaient attirer les eauxet les navires ; autour du rocher les vagues s’engouffraient en cataractesdans les profondeurs de la Terre 1 .
On croyait autrefois que les aurores polaires augmentent en nombre eten intensité- à mesure qu’on se rapproche du pôle et qu’elles finissantmôme par rythmer, comme des reflets du jour solaire, la longue nuit decimpiante, cent ou même cent cinquante fois vingt-quatre heures (pie lesnavigateurs polaires ont à passer sous ces latitudes arctiques. Cetteopinion préconçue des physiciens n’a pas été justifiée par l’observation : leseoruscations aurorales sont plus rares et d’ordinaire moins éclatantes dansl’archipel Polaire que dans le Labrador et dans la Scandinavie septentrio-nale. Pour la plupart, elles se déroulent dans le ciel en forme de rubansblanchâtres, de paillettes en faisceaux (pii semblent alternativement s’al-lumer et s’éteindre. On les voit onduler dans l’espace comme des bande-roles de lumière pâle sur le fond noir de la nuit. Les phénomènes deréfraction sont très communs dans les couches aériennes inégalementéchauffées qui reposent sur les mers polaires : îles, navires, huttes et but-tons de glaces prennent alors les formes les plus fantastiques. Souventles glaces lointaines se rattachent à leur image céleste par de grêles colon-nades du jdus gracieux effet ; la lune, devenue ovalaire ou même poly-gonale, s’entoure d’un halo, et plusieurs soleils brillent dans le ciel,unis par des croix et des cercles de lumière. Les vibrations du son sefont entendre à une distance étonnante : sous le passage des traîneaux legrincement de la neige durcie est perçu même à 15 kilomètres de dis-tance 5 . La réfraction relève parfois la ligne de l’horizon bien au-dessus desa position réelle : c’est ainsi que Parrv put discerner une côte lointaineà la distance de 167 kilomètres.