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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
être toujours prêts pour recevoir la tempête : les bateaux de sauvetage sontà la disposition immédiate des marins; les approvisionnements nécessairesen cas de fuite sont amarrés sur le pont; tous les préparatifs ont été laitspour le moment critique 1 . 11 faut observer les signes de l’air et de l’eau, laforme des nuages, l’apparence des brumes, les phénomènes de la réfraction,non moins que le baromètre. Surtout pendant la nuit, les tempêtes sont àcraindre, alors que les navires impuissants sont le jouet de la banquise quiles emprisonne, les licurte, comprime leurs membrures ou se brise autourd’eux. On s’étonne que malgré ces périls tant de marins soient revenus deces pays de la mort !
La llore de l’arcbipel Polaire, bien bumble pourtant, n’est pas sansbeauté. Dans la terre de Grinnell, les « saulaies » où les fêits sont aussipressés que les brins de mousse dans les forêts d’Europe , s’élèvent à 2 ouo centimètres en hauteur, revêtant de nuances vertes des surfaces éten-dues, et les lichens de toute espèce, bruns, jaunes, rouges, verts, brillentde couleurs qui semblent plus vives que sous d’autres latitudes. On dis-tingue à de grandes distances les teintes multicolores du paysage. De vastesespaces sont couverts de saxifrages rouges et de dryas, petites rosacées avecdes touffes de fleurs blanches. En quelques semaines, les plantes achèventleur cycle de vie : à peine ont-elles dardé leur pointe au-dessus de la neigequ’elles épanouissent déjà leurs boutons. Des herbes liantes d’un demi-mètrebordent le rivage des lacs. Mais, à l’exception du bois ilolté, très raredans l’archipel Polaire, si ce n’est à l’entrée de la mer de Davis et sur lescôtes tournées vers la mer de Bering , les îles arctiques n’ont point d’espècesqui puissent servir de combustible : seulement dans les terres voisines ducontinent américain croit une bumble plante, la cassiope tetraejonia , fortriche en matière résineuse et que l’on recueille avec soin pour allu-mer les substances lentes à brûler 2 . L’herbier des plantes recueilliespendant l’expédition de Penny, principalement sur les bords du canal deWellington, entre Aorth-Devon et Cormvallis-island, comprend ni pha-nérogames.
Les îles ont aussi leur faune : de même que l’Amérique Anglaise, dontelles sont le prolongement, elles sont parcourues par loups, renards,lièvres, lemmings, hermines, et les Eskimaux les désignent par excellencecomme la « Terre de l’Ours Blanc » 3 . Les caribous des terres continentalespassent dans les îles polaires dès que la fonte partielle des neiges leur per-
1 Albert Markham, .4 Whaling Cruise to Baffin’s bay.
- IJ. AV. Klutsehak, Als Eskimo tinter den Eshimos.
3 Mac-Clure, The Discovenj of the North West Passage.