Band 
Livre XV. Amérique boréale.
Seite
174
JPEG-Download
 

174

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

étaient jadis fort nombreux. Les anciens navigateurs parlent de troupeauxde baleines franches ayant compris jusqu’à une centaine d’individus. Lapoursuite de ces animaux a été pour une pari notable dans l’explorationdétaillée des golfes et des criques de l'archipel. Vers 1840, on comptaitannuellement cent cinquante baleiniers dans la merde llaflin, surtout dansles parages du golfe de Cumberland ; en 1800, une vingtaine seulementcontinuaient de visiter ces mers, où diverses couleurs de l’eau indiquentl’extrême abondance de vie animale; on n’en voit plus guère maintenant,la baleine ayant été presque complètement exterminée de ces mers ; cepen-dant la mer s’était repeuplée en 1880, grâce à un blocus de trois annéesque la banquise avait fait autour du golfe de Cumberland. Les phoquesvivent encore en multitudes dans ces eaux, et quelques baies sont peu-plées de morues : celles que l’on rencontre dans les eaux méridionalesde Baftin’s land ont même un goût plus lin, dit-on, que celles de Terre-Neuve. Le monde des petits animaux, de même que celui des espècessupérieures, offre un appauvrissement graduel dans la direction du sudau nord. Par un étrange contraste, les moustiques, fléau des régionspolaires situées au sud du 70 e degré de latitude, disparaissent presqueentièrement dans les îles plus septentrionales : même pour eux le climatdu nord est devenu trop rude. Les coléoptères, les _ _ s, qui sontencore nombreux dans les îles de l’archipel voisin du continent, et dontquelques espèces se distinguent par des couleurs éclatantes, n’ont paspénétré dans les îles Parry ; on n’y trouve qu’une araignée 1 .

Les Uskimaux insulaires, beaucoup moins nombreux encore que ceuxdu Groenland , sont incontestablement leurs frères de race et de langage,quoique de grandes différences, conséquence de l’isolement, aient été con-statées entre les divers groupes. Sur un espace approximatif de 2 millionsde kilomètres carrés, c’est à 2000 individus peut-être, à 5000 au plus, ques’élèverait l’ensemble de la population. On désigne les différentes peu-plades ou subdivisions familiales d’après la contrée du séjour habituel.Ainsi les riverains du littoral, sur le détroit de Hudson, sont appelésles Sikosuilar-miul, les « Gens » ou Miut « de la Rixe sans glaces ».Dans le corps principal de la terre de Baftin, les Aggo-miut, Akudnir-miut ou Oko-miut sont également désignés d’après leur contrée. Une destribus qui diffère le plus des autres par le genre de vie est celle des

1 Otto Torell , Petermann's Uittheilungen, 1881.