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Livre XV. Amérique boréale.
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FAI NE. HABITANTS DES ILES POLAIRES.

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Talirping, la soûle qui, à une époque récente, habitait encore dans l’in-térieur des terres : elle peuplait les bords du lac Netlilling, refuge desphoques; maintenant les Talirpingsont devenus riverains de la mer commetous les autres Kskimaux de l’archipel. L’appel du commerce étranger en afait des habitants de la côte; mais, de même que tous leurs frères innuit,ils ont beaucoup diminué en nombre depuis l’arrivée des navigateurs euro-péens. Une des (dus fortes tribus, la plus forte peut-être, est celle desNetchillik, qui vivaient autrefois dans l’isthme de Boothia, et qui ont émi-gré depuis le milieu du siècle vers les côtes septentrionales et occidentalesde lving William’s land, où ils trouvent en abondance des phoques et dupoisson et chassent le renne pendant l’été. : les approvisionnements faitspendant la bonne saison suffisent pour les jours du long hiver'.

Un dit qu’aux premiers temps de la pèche à la haleine, pendant ladeuxième décade de ce siècle, la population innuit riveraine du golfe deCumberland était d’environ 1500 personnes : c’est à une centaine près lechiffre donné par Boas en 1884 pour le nombre total des indigènes danstoute la terre de Bafiin, une des contrées les moins désertes de l’archipel.Les maladies contagieuses, et principalement la syphilis, apportée par lesmatelots, ont certainement causé ce lamentable amoindrissement de larace; en 1883, la diphtérie, dont les Eskimaux attribuèrent l’introduc-tion au voyageur Boas, s’ajouta aux autres maladies pour hâter l’exter-mination des naturels, et dans certaines tribus l’infanticide est commun.C’est à tort que l’on a fréquemment considéré la diminution de la pèchecomme la cause des famines qui ont souvent décimé la population. Il estvrai que les haleines ont presque entièrement disparu et ne sont plus chas-sées par les Eskimaux (pie dans le détroit de Iludson et les parages voi-sins; mais les phoques, non pourchassés par les baleiniers européens,peuplent encore les côtes de Baftin’s land en multitudes : au printemps,on les voit par centaines se prélasser au soleil le long des fissures côtièresde la glace. Si les Eskimaux ont parfois à craindre la faim dans cette sai-son, c’est que la glace, devenue trop faible pour porter les chasseurs, estencore trop forte pour que la pression des bateaux su (lise à la briser.Souvent aussi des tempêtes prolongées empêchent les indigènes de se ha-sarder sur la mer, et la situation devient tout à fait périlleuse quand undes membres de la tribu vient à mourir, car la coutume interdit alors lachasse et la pêche pendant plusieurs jours*. L’Eskimnu ne donne ni ne

1 Klulschak, ouvrage cité.a Boas, mémoire cité.