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Livre XV. Amérique boréale.
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KSKIMAl'X DE L’ARCIIIPEL POLAIRE.

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lement; parfois les Irihus sont censées vivre en paix; mais elles ont deschampions, délégués de la ^ ^ ’ ’i\ qui en portent les haines et qui assu-

ment les dangers sur leurs tètes; ils se cachent, rôdent les uns autour desautres et souvent s’entretuenl 1 2 . Chez les Xetchillik, une femme armée d’uncouteau s’avance au-devant des visiteurs, pour leur offrir la paix ou la guerre.

L’accueil que l’on fait aux étrangers témoigne de cet esprit de mal-veillance. Quand l’innuit de Baflin’s land vient demander l’hospitalité àune Irihu étrangère dans laquelle il n’a ni patron ni ami, il doit s’ar-rêter à une certaine distance des cabanes et attendre qu’un des jeuneshommes du campement vienne au-devant de lui. Les hras rejetés enarrière, la joue tendue, il reçoit sans résistance un soufflet, qu’il rendaussitôt après, puis le combat s’engage, et dure aussi longtemps que l’undes deux adversaires ne s’avoue pas vaincu. En vertu du droit traditionnel,le vainqueur pourrait tuer sur place l’homme dont il a triomphé, mais ilest rare que le meurtre s’accomplisse, et d’ordinaire les deux combattantsfinissent par s’embrasser : l’étranger est accueilli dans la tribu en qualitéd’égal. On lui donne femme et il cesse d’appartenir à la tribu maternelle.Le mariage est une des causes principales de l’expatriation, le mari quittantpresque toujours les siens pour aller demeurer avec les parents de safemme. L’adoption d’enfants étrangers contribue également à mêler diver-sement les tribus; enfin, les métissages sont communs depuis que lesbaleiniers visitent le littoral et ont fondé des établissements, autour des-quels sont venus se grouper les indigènes. Telle a été l'influence desblancs, que la langue commerciale du pays, des bords de la mer de Baffin jusqu’à l’Alaska , est désormais une sorte d’anglais-eskimau, auquel semêlent aussi des mots danois, portugais et même kanakes 8 : le termefrançais de « troc» est généralement employé pour les échanges. D’ailleursle vocabulaire est très pauvre, malgré tous ces apports étrangers. LesXetchillik n’ont pas de termes propres pour exprimer les couleurs autresque le « sombre » : ils procèdent par comparaisons.

Les Eskimaux de l’archipel ne reconnaissent aucune autorité : la cou-tume est leur seule règle, et quand ils doivent s’en départir à la suite dequelque grand événement qui dérange toutes les prévisions, il faut lecommun accord pour effectuer le changement. Les Eskimaux des îles croientvaguement à un être supérieur, mais n’en taillent point d’images; ils nefont pas non plus de cérémonies pour détourner le malheur d’une vie fu-

1 Klutsrliak. ouvrage cite.

- Roas. mémoire cité: — II. Markham, .4 Wltiiliiig Cruise.

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