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Livre XV. Amérique boréale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

turc clans l’éternel hiver ou pour s’attirer la bénédiction d’un éternelété. Fort dévoués à la communauté, jamais ils ne garderaient pour leurseule famille la chair d’un phoque ou d’un renne; tous en ont leurpart et les premiers servis sont les malades et les veuves. Les mariages sontgénéralement décidés longtemps à l’avance; quelquefois même les fillessont fiancées dès le berceau; si la promise meurt en bas âge, l’homme au-quel elle était destinée a le droit de revendiquer comme sa future épousela première enfant qui naîtra dans la tribu 1 . Les hommes et les femmes,ainsi que les gens de diverses peuplades, se distinguent par la coupe descheveux, la forme des vêtements, par les traits du tatouage au nez, auxjoues, au menton. Jadis les femmes de Baflîn’s land ne se tatouaientqu’après le mariage; maintenant l’habitude de se défigurer ainsi se perdde plus en plus. D’après les règles traditionnelles de la division du travail,les hommes seuls ont le droit de chasser et de pêcher ; mais la femmedoit tirer le phoque hors de l’eau et traîner le gibier ; elle porte les [lierreset construit les maisons.

Quoique ne reconnaissant point de maîtres, les tribus, avant d’être ré-duites, comme le sont la plupart d’entre elles, à un petit nombre defamilles, témoignaient une déférence toute spéciale à un de leurs vieillards,à un « homme qui comprend tout » et auquel on demandait toujoursconseil, parfois en venant lécher la terre devant lui, comme on le faisaitaussi jadis devant les Européens. 11 indiquait les jours favorables pourchanger de résidence, entreprendre les voyages et les chasses; il présidaitles fêtes et s’adressait pour la communauté aux divinités propices; aprèssa mort, on lui rendait de grands honneurs et l’on déposait dans satombe des objets précieux, armes, instruments et parures; on n’oubliaitpas non plus de placer à côté du défunt les engins de chasse et de pêche,afin qu’il trouvât la nourriture nécessaire dans les pays d'au-delà. De nosjours on est moins généreux, cependant on jette toujours dans la fossequelques menues olfrandes : depuis que le commerce a mis les Eskimaux en rapport avec les Européens, ceux-ci leur ont donné des photographies,des journaux illustrés, qui sont fort appréciés pour la décoration des tom-beaux. Mais la crainte des influences funestes ne permet pas aux Eskimaux de veiller parents et amis jusqu’au moment fatal. Quand on les laisses’éteindre tranquillement dans leur cabane, on la fuit pour aller habiterune autre demeure ; sinon, on les porte à l’air libre [tour y mourir. Tousdétournent les yeux du cadavre, et les personnes désignées [tour l’enterrer

1 Klutscliak, ouvrage cité.