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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Antilles contraste avec la région continentale de l'ouest, non seulement parla différence de l’étal politique, mais aussi par les éléments originaires de lapopulation. On sait qu’en un petit nombre d’années les îles que baignela méditerranée américaine furent complètement dépeuplées de leurs habi-tants aborigènes : les insulaires haïtiens et cubains, qui accueillirent avecamitié les premiers marins d’Europe , il y a quatre cents ans, ont complète-ment. péri. Quant à la p ^ ’alion caraïbe des petites iles méridionales,elle n’est plus représentée, —sauf à Saint-Vincent et à la Dominique ', —que par des métis successivement croisés de génération en génération, si bienqu’il est devenu impossible d’y reconnaître les traces du sang primitif.

D’après Bartoloiné de las Casas, « les chrétiens causèrent par leurs tyran-nies et œuvres infernales la mort de plus de douze millions d’àmes, —peut-être même plus de quinze millions, — hommes, femmes et enfants ».Quel que soit le degré d’approximation auquel le fameux « défenseur desIndiens » ait pu atteindre dans cette effrayante évaluation, il est certainque les massacres et l’oppression mirent à peu près fin à la race dans lesAntilles, tandis que les peuples et tribus du Mexique et de l’AmériqueCentrale continuèrent de subsister. 11 fallut donc peupler de gens d’uneautre race les iles de celle « mer des Caraïbes » où l’on ne trouve plus deCaraïbes , et des nègres vinrent remplacer les Indiens. C’est par millionsqu’on importa les esclaves africains pour coloniser le pays au lieu desmillions d’indigènes massacrés; mais aucune suite do documents précis nepermet d’évaluer à combien de tètes s’éleva, pendant plus de trois siècles,l’introduction de ce bétail humain. Quelques auteurs ont parlé de dix ouquinze millions d’individus : en tout cas, la traite a certainement coûtéà l’Afrique , par les guerres qu’elle a suscitées, un plus grand nombre devies humaines.

Presque tous les nègres importés dans les premiers temps de l’esclavagepérirent sans descendance comme les Indiens caraïbes. Malgré la facilitéde l’acclimatement sous un ciel qui ressemblait au leur, la plupart d’entreeux, occupés surtout aux pénibles travaux des mines, périssaient en quel-ques années, et parmi les survivants, peu nombreux étaient ceux qui pou-vaient fonder des familles, vu la rareté des femmes qui avaient été ame-nées avec les autres captifs. La race africaine ne se reconstitua que bienlentement dans le Nouveau Monde, en se formant de mille élémentsethniques différents, provenant de toutes les parties du littoral africain etmêlés diversement au sang des maîtres d’origine européenne. Dans ces

1 Ober, Smithsonian Institution , 1876;— J. A. Fronde, Tlie Emjlish in llie West Inities.