caraïbes, nègres, indiens et métis.
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croisements à l’inlini, les dialectes africains des esclaves se perdirent,et l’on signale à peine dans les parlers des Antilles quelques mots provc-nant des idiomes de l'Afrique . Les esclaves ne connurent bientôt d'autreslangues querelles de leurs maîtres, Espagnols, Anglais ou Français ; maissi, par le langage, aussi bien que par le genre de vie et les dehors de lacivilisation, ils subirent l'ascendant des Européens, ils ont su mieux queceux-ci s’accommoder au milieu des Antilles , et linalemenl ils sont de-venus la race pré^ ” l* : dans ces îles, si ce n’est à Cuba , où lesEspagnols , acclimatés complètement, ont acquis la majorité, et peut-êtreà Puerto-Rico , où la statistique complaisante compte une majorité deblancs, ce sont les noirs et les gens de couleur qui dominent de beau-coup par le nombre. Cette partie du Nouveau Monde, la première décou-verte par les Espagnols , est devenue, au point de vue ethnologique, ladépendance du continent africain , et par un juste retour des choses, l’unedes communautés politiques des Antilles, Haïti , est composée d’Africainsindépendants. C’est un des événements considérables de l’histoire : la raceméprisée par-dessus toutes, celle que l’on disait destinée à une servitudeéternelle, est entrée de vive force, quoique entourée d’ennemis, au nombredes nations souveraines, et non seulement elle a su résister victorieuse-ment à l’armée qui voulait l’assujettir de nouveau, mais, en dépit des révo-lutions intestines et des rivalités de chefs ambitieux, elle a évitéun siècle toute inféodation aux puissances voisines. Elle exerce même uneénergique puissance d’attraction sur les habitants des îles rapprochées, etsi des garnisons étrangères ne contenaient les populations de couleur, nuldoute que, dans la plupart des Antilles , elles ne proclamassent aussitôtleur indépendance.
A la prépondérance de la race nègre dans les Antilles répond celle desIndiens dans le Mexique et l’Amérique Centrale. Les Espagnols , qui dansles premiers temps se présentaient en maîtres et traitaient odieusementles indigènes, se confondent maintenant avec eux sous le nom de ladmos,et ce sont les métis des deux races qui constituent le principal élémentde population dans les républiques hispano-américaines du nord. D’aprèsla statistique, les blancs ne sont censés l’emporter en nombre quedans le Costa-Riea. Le mouvement normal de l’histoire a repris son cours.Rendant plus de trois siècles, les Espagnols avaient vécu en parasites surles populations mexicaines, et, suivant la loi constante de la nature, leparasitisme les avait rendus impuissants à l’action. Durant toute celtelongue période, les habitants de l’immense empire colonial restèrent sanshistoire : la nomination, le rappel ou la mort de personnages officiels,