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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
c’est à ces uniques mentions que se réduisaient les annales de la NouvelleEspagne. Mais au-dessous de la surface, immobile en apparence, des chan-gements considérables se préparaient dans la vie profonde de la nation;les races se croisaient, s’accommodaient l’une à l’autre, les mœurs, lesidées, les aspirations se faisaient communes, et soudain, quand la métro-pole, envahie par les armées étrangères, se trouva trop faible pour main-tenir son autorité dans le .Nouveau Monde, on vil au Mexique , dans le (îua-temala, le Honduras et les autres provinces de l’Amérique Centrale , surgirdes nations armées comprenant à la fois les petits-fils des conquérants espa-gnols et des Indiens conquis. Ues peuples venaient de naître là où l’on nevoyait qu’une tourbe de sujets, et ces peuples réclamaient leur place parmiles autres en qualité d’égaux. L’apparition brusque de nations nouvelles,ou plutôt la résurrection des nations indigènes, mais sous un vêtement decivilisation différent de celui qu’elles avaient autrefois, se produisit égale-ment en Colombie, au Venezuela, dans l’Ecuador, au Pérou , dans toutel’Amérique espagnole. Par une singulière ironie des choses, le régime napo-léonien, que l’on s’imaginait être la reconstitution d’un pouvoir fermemettant un terme aux révolutions, détermina précisément dans le NouveauMonde l’explosion du mouvement général d’indépendance pour la racehispano-américaine. De cette époque date l’histoire moderne d’un continent.
Les colonies anglaises qui sont devenues les Etats-Unis ont précédé deplusieurs décades les provinces espagnoles pour la conquête de leur indé-pendance ; émancipées beaucoup plus tôt, elles les ont devancées aussipar la civilisation, mais leur œuvre était plus facile et, à certains égards,d’une moindre portée dans l’histoire de l'humanité. Les Etats-Unis nesont, pour ainsi dire, qu’une annexe de l’Ancien Monde : par leur popu-lation, blanche et noire, ils reproduisent l’Europe et l’Afrique dans unautre continent; les éléments aborigènes n’y sont représentés que dans unemesure relativement très faible, et les tribus qui n’ont pas été massacréesou qui ne se sont pas fondues dans la masse des autres habitants sanslaisser de vestiges, vivent encore à l’état sauvage en des enclaves plus oumoins respectées. Dans l'Amérique espagnole, au contraire, le gros de lapopulation se compose d’indiens hispaniliés, qui, tout en recevant la civi-lisation européenne et en se mêlant aux races de l’Ancien Monde, n’en sontpas moins les représentants de l’ancienne race américaine. Les Néo-Saxonsont détruit ou repoussé les populations indigènes; les Néo-Latins les ontassimilées 1 . C’est au Mexique et dans les autres républiques espagnoles que
1 Anlony Méray, Aptitudes des Races humaines, Revue Moderne, 10 septembre 1857.