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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NEVABO DE TULl'CA, POPüCATEPETL.

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lion pour alimenter la ville de Toluca. Le cerro de Ajusco ( 4155 mètres),qui n’atteint pas tout à fait la limite des neiges persistantes, et dont lescoulées de lave descendent jusqu’aux portes de Mexico , se montre au loin àl’horizon oriental du Mevado. D’autres moindres volcans, le Culiacân ,l’Ozumba, tous éteints, sont disposés sans ordre apparent dans la partie dela grande chaîne dressée au sud de la capitale.

Le plus fameux volcan du Mexique et l’un de ceux dont le nom est leplus fréquemment répété dans les ouvrages de géographie est le Popo-catepell ou le « Mont-Fumée », que l’on a longtemps considéré, à tort,comme la saillie la plus haute dans l’Amérique du Mord et qui même n’estprobablement pas la plus élevée du Mexique . Le premier gravisseur duPopocatepetl dont l’histoire fasse mention est le capitaine espagnol Diegode Ordaz , qui dès l’année 1519, lorsque la ' bande conquérante deCortès était encore à Tlaxeala, s’aventura en pays aztèque pour atteindre lacime de la «montagne de Guaxocingo », d’où se déroulaient les grandes fu-mées blanchâtres, et pour connaître le secret, « saber el secreto », de la mon-tagne. Atteignit-il le sommet ? D’après Cortès, il aurait été arrêté par lesneiges ; d’après Bernai Diaz, il serait arrivé jusqu’au cratère : du moins,le premier des Espagnols, vit-il à ses pieds la grande « vallée » de México el la prodigieuse cité dont les temples brillaient au soleil entre les nappesétincelantes des lacs; en récompense de son exploit, Charles-Ouint permitau vaillant capitaine de porter l’image d’un volcan sur son blason. De nom-breux soldats espagnols et des moines franciscains montèrent aussi jusqu’àla bouche du cratère* pendant la période de la conquête; on cite surtoutMontano et Larrios, qui venaient y chercher du soufre pour la fabrica-tion de la poudre. Depuis le commencement de notre siècle, les ascensionsont été fréquentes ; elles sont d’ailleurs relativement faciles, grâce à larégularité de la pente, bien que la masse porphyrique du Popocatepetl dé-passe le mont Blanc de 600 mètres : la moyenne de onze mensurationsd’altitude est de 5411 mètres pour le volcan mexicain, — d’après M. Poncede Leon 5597 mètres 5 ; — il reste donc inférieur d’au moins 225 mètres àson rival nord-américain , le Saint-Elie 3 . Sur le versant oriental, la limiteinférieure des neiges persistantes est à 4500 mètres; elles comblent lesinégalités du sol, et sur le pourtour du cratère se transforment en un cercle

1 Bernard Diaz del Castillo, ouvrage cité.

2 Bolelin de la Sociedad de Geografia ij Estadistica de la Repùblica Mexkana, 1875, n° ! 8. !).

3 Une dépêche venue de México , en date du 2 1 avril 1890, annonce que les mesures de M. lleil-prin réduisent de 5000 pieds ou 900 mètres la hauteur du Popocatepetl. Une pareille erreur de lapart des géodésiens ne se peut concevoir, et s’il y avait eu écroulement ou explosion du sommet,on n’eùt pas manqué de signaler cet événement.