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Livre XVII. Indes occidentales.
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MAL1NTZIN, COFRE DE I'EROTE, PIC D'ORIZABA. 45

de tremblement du sol. Deux ou trois heures avant qu’un orage éclate dansla plaine, on aperçoit des jets de cendres et de pierres ponces s’élançantde temps en temps du cratère.

Les deux montagnes sœurs qui dominent la «vallée » de Méxieo s’élè-vent à peu près à l’angle du bastion triangulaire que l'orme le plateau cen-tral de l’Analniac. Les Sierras Madrés de l’occident et de l’orient croisentleurs deux arêtes dans le voisinage de Tehuacan, et de ce nœud de con-vergence ou junta les chaînes n’en constituent plus qu’une seule, jusqu’àl’isthme de Tehuantepec, pareilles à des branches unies en un seul tronc.Mais si la Sierra Madré de l’ouest semble finir à une faible distance à l’estde Méxieo, arrêtée par un rempart de monts appartenant à un autre aligne-ment de sommets, la nature éruptive des roches prolonge la zone volca-nique bien au delà du Popocatepetl ; la Malinlzin ou Malinehe, la Matlal-cueyatl des anciens Aztèques (4107 mètres), appelée aussi Doha Marina,en souvenir de l’interprète indienne de Cortès, élève sa masse isolée aumilieu du plateau de Tlaxcala ; d’après la légende, ce serait la fdle du Popo-catepetl et de l’Ixtaccihuatl, et longtemps elle erra à la recherche d’un sitefavorable'. D’autres grandes cimes d’éruption se dressent au bord deshautes terres, sur la chaîne de bordure appartenant à la sierra maîtresse del’est. Les deux monts les plus élevés de celte rangée de montagnes sontaussi deux volcans, le Cofre de Perote et le pic d’Orizaba, tous les deuxvisibles de la mer. Le Cofre doit son nom de « coll’re» à la forme qua-drilatérale de son haut sommet (4080 mètres), que limitent souvent desstrates de nuages et qui semble porté dans les cieux comme un sarcophageimmense. Les Aztèques lui donnèrent jadis une appellation analogue à celledes Espagnols : A'auhcampa-tepetl, c’est-à-dire la « Montagne aux QuatreArêtes ». Il est entouré de malpais de laves, dans lequel s’ouvre, à l’ouestdu volcan, la caverne de Chinacamote, longue de six à sept lieues, disentles indigènes, mais difficile à parcourir à cause des blocs qui se sont déta-chés de la voûte : par là dut s’épancher jadis un fleuve de laves trèsliquides 5 . Des bouches de volcans parasites, éteints maintenant, s’ou-vrent sur les flancs du Cofre et de longues cheires de lave descendent desa base vers la mer ; même, par delà les couches tertiaires et quater-naires qui recouvrent les anciennes formations du littoral, une chaînede récifs, provenant d’éruptions antiques, s’aligne le long des plages : c’estla « Boquilla de Pied ras ». Le Macuiltepec ou les « Cinq Monts », sur les

1 Alex. île UimiboUlt, Volcans des Cordillères.

- Yirlet il’Aoust, Topographie et Géologie du Mexique .