Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
44
JPEG-Download
 

44

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

flancs duquel est assise la charmante Jalapa, est aussi un volcan au cratèreempli de végétation.

Le volcan d’Orizaba , qui domine la cité du même nom, à une cinquan-taine de kilomètres au sud du Col're, est le rival en hauteur du Popoea-tepetl : d’après les moindres évaluations, il atteint au moins 5 "295 mètres 1 ;d’autres observateurs lui donnent 5400, et d’après, Ferez il aurait 5551mètres*, soit 14 mètres de moins que lui en attribuait Ilumboldt ; mais ildépasserait le Popocatepell. Son appellation aztèque, Citlal-tepetl ou «montde l’Etoile», provient peut-être de ce que le sommet resplendissant du cônese montre dans le voisinage des astres, ou de ce que des laves, jaillissantdu cratère, y allumèrent autrefois l'incendie. Nulle montagne n’est plusimposante par la régularité de sa forme, la beauté de son cône neigeuxs’élançant au-dessus de la ceinture verdoyante des arbres ou des nuéeschangeantes de l’atmosphère. Les pentes inférieures du mont sont faciles àgravir, mais l’escalade du cône suprême est fort pénible, et peu nombreuxsont les voyageurs qui ont pu se tailler un escalier dans les neiges du som-met et gagner les cendres et les scories du grand cratère. C’est en 1848que le point culminant fut atteint pour la première fois, par Raynolds etMaynard, qui faisaient partie de l’armée d’invasion américaine; trois ansaprès, Doignon suivait leurs traces et donnait la première description dela cime avec ses trois bouches et les parois intermédiaires : la dépressiondu centre, de forme ovale, a 450 mètres de tour et 55 à 40 mètres enprofondeur. La dernière grande éruption aurait eu lieu vers le milieu duseizième siècle 3 . Encore au milieu du siècle, des vapeurs, des jets sulfureuxs’élancaient de roches en décomposition qui se délitaient comme les plâ-tras d’une muraille en ruine, mais rarement ces colonnes de gaz transpa-rents se voyaient des campagnes inférieures : d’en bas on apercevait cepen-dant une paroi intérieure du cratère, ouvert obliquement de manière àconfondre sa pente avec celle de la montagne même 4 . En J878, le foyerétait complètement éteint. Le cratère est ordinairement empli de neige;quelques amas de névé, portés par le vent dans les fissures latérales, sechangent même en glace, et des auteurs ont pu parler des « glaciers »qui descendent du sommet de l’Orizaba ; comme sur le Popocatepell, desouvriers viennent s’approvisionner de neige dure sur le mont de l’Etoile.Des volcans adventices parsèment les pentes de l’Orizaba et les t ’ ’ es

' Garcia Cubas, ouvrage cité ; — 5584 d'après Murphy.

* Claine, Société de Géographie , compte rendu des séances, 18110.

3 Guido Cora , Cosmos, vol. Y, 1878-1870.

4 1. W. von Millier, Rcisen in den Yereinigten Staaten, Canada und Mexico .