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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

jours se faisait de cinq eu cinq, et le cinquième avait une certaine impor-tance comme jour de fête et de marché. Les années étaient divisées autre-ment. Chaque tlalpilli, « nœud » ou « faisceau », se composait de treizeannées, et quatre de ces faisceaux, soit une série de cinquante-deux années,constituaient le cycle ou xiuhmolpilU : c’était là, aux yeux des Mexicains,la période principale du temps et ils rattachaient à cette division des idéesmystiques sur le gouvernement de leur propre vie et celui des sociétés. Ladurée normale de l’existence humaine leur paraissait être le xiulimolpilli :les quelques hommes auxquels les dieux accordaient le privilège de durerpendant deux périodes valaient au double cycle le nom de huehuetiUtztU ,« âge » ou « vieillesse ». D’après une loi, qui d’ailleurs ne fut pas toujoursobservée, les chefs toltèqucs devaient commander exactement pendantun cycle. Si le chef mourait avant d’avoir gouverné pendant la périodevoulue, un conseil d’anciens commandait à sa place sous le nom dudéfunt ; mais quand un élu dépassait le terme assigné à son pouvoir, ildevait résigner et, à l’heure marquée par le calendrier, le successeurprenait sa place. Chez les Mexicains, de même que chez les peuples del’Ancien Monde, l’année solaire avait été précédée par une année lunaire,et telle est la raison pour laquelle le calendrier religieux des rites, fidèleaux traditions du passé, se réglait d’après les mouvements de la lune. C’estainsi que, dans les cultes de l’Europe , la grande fête pascale, qui fut dansl’origine celle du renouveau annuel, suit toujours le rythme lunaire.

Les Mexicains n’avaient pas inventé d’écriture proprement dite, mais ilssavaient raconter leurs annales, dessiner des cartes, en « peignant au na-turel toutes les rivières et tous les havres» \ établir leur généalogie, publierles décrets et les lois, décrire les métiers, les travaux du ménage, enfintransmettre toutes leurs idées, même abstraites, par des ligures hiérogly-phiques. D’ordinaire ces images, de forme carrée et aux angles arrondis,étaient peintes en couleurs éclatantes sur des feuilles d’un papyrus fabriquéavec les libres du maguey ou de l’anacahuite, « arbre à papier » (cordiaboissieri), ou bien encore sur des peaux ou des bandes de coton recou-vertes de vernis et reliées sous forme d’éventail en amatl ou livres couvertsde planchettes en bois. Les monuments publics, et çà et là les parois desrochers, notamment dans la Sierra Madré occidentale 1 2 , étaient égalementornés d’hiéroglyphes taillés dans la pierre. L’étude de ces documents aprouvé que les Mexicains avaient dépassé dans l’usage de ces caractères le

1 Bernai Diaz, ouvrage cité.

2 E. Burina, Pérégrination (le los Aztecar.