MEXICAINS, LANGUE AZTÈQUE.
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parlent encore au sud, dans le Guatemala, le Salvador et le Nicaragua ,était de beaucoup le langage dominant dans le territoire mexicain d’aujour-d’hui. On l’employait sur la plus grande partie du plateau d’Anahuac, etsur le littoral du Golfe jusqu’au delta du Goatzacoalcos, enfin sur la côtedu Pacifique, depuis le golfe de Californie jusqu’à celui de Tehuanlepec :on l’emploie encore, à côté de l’espagnol , dans toutes ces contrées ; maisles patois modernes ne renferment guère que le tiers des mots de l’idiomelittéraire 1 . Langue de la civilisation, l’aztèque était devenu le parler descours, des discussions diplomatiques, môme du commerce; dès qu’un ter-ritoire avait été conquis, le langage des conquérants prenait un caractèreofficiel, et les habitants étaient tenus de l’apprendre. L’aztèque est unelangue polysynthétique dont les mots s’agrègent en se modifiant, suivantl’euphonie, et sa plasticité est extraordinaire; pour l’élégance et la sou-plesse il en est peu qui lui soient comparables. Tous les auteurs qui l’ontétudiée vantent à l’cnvi ses mérites. Sa richesse en termes descriptifs estétonnante : dans son ouvrage sur l’histoire naturelle, Hernandez énumèredeux cents espèces d’oiseaux et douze cents espèces de plantes du Mexique ayant des noms distincts en aztèque. Enfin, la langue est d’une extrêmeabondance en mots abstraits et les traducteurs n’ont éprouvé aucune diffi-culté pour rendre par des expressions mexicaines les termes d’ordre mé-taphysique ou religieux qui se trouvent dans les Évangiles, Y Imitationou d’autres ouvrages de cette nature. Ce que la littérature aztèque nous alaissé de plus beau sont des exhortations morales d’une hauteur de senti-ment qui n’a point été dépassée, même dans l’Inde .
Un indice remarquable delà haute civilisation des Mexicains est leur con-naissance des phénomènes astronomiques. Ils décrivaient les mouvementsdu soleil, de la lune et de quelques planètes, et le retour exact de chaqueannée, de chaque « nouvelle herbe », leur était connu d’une manière beau-coup plus précise qu’il ne l’est encore officiellement en Russie , puisque dansce pays le calendrier actuel est de douze jours en retard. L’année mexi-caine, de même que celle des Zapotèques et du Michoacan , était diviséeen dix-huit mois de vingt jours, auxquels on ajoutait cinq jours supplé-mentaires, considérés souvent comme de mauvais augure. Mais, pour fairecoïncider plus exactement l’année conventionnelle avec l’année solaire,on ajoutait à la fin de chaque cycle de cinquante-deux ans une période dedouze ou de treize jours, suivant les nécessités du calcul. Le système numé-ral des Mexicains étant vigésimal ou de quatre fois cinq, la division des
1 Aubin, Mémoire sur la Peinture didactique.
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