CIVILISATION DES AZTÈQUES.
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travail humain n’avait guère de valeur sur les plateaux de l’Anahuac : lesvies d’hommes ne comptaient pas plus autour des lacs mexicains quedans la vallée du Nil quand il s’agissait de satisfaire à l’ambition desprêtres en élevant de prodigieuses bâtisses.
D’ailleurs, lorsque les Espagnols tirent la conquête du pays, il y avait déjàdécadence dans la civilisation des habitants, et ceux-ci le reconnaissaienteux-mêmes en parlant de l’époque des âges toltèques comme ayant été ceuxde la floraison des sciences, des arts et de l’industrie. Limité de toutesparts, puisqu’il n’avait de communication par mer avec les îles qu’à lasuite des tempêtes ou par des événements accidentels, et que les produc-tions si diverses de ses trois zones, s’échangeant de l’une à l’autre, le dis-pensaient de toute tentative de commerce avec les peuples lointains, lemonde aztèque en était réduit à vivre de sa propre substance; rien ne ve-nait en renouveler les forces vives; il s’empoisonnait peu à peu commeune prairie dont l’eau, que n’entretient pas un courant d’eau pure,finit par se corrompre. Le commerce était en grand honneur, il est vrai,si bien que les caravanes de marchands pouvaient traverser le pays sansdanger, même en temps de guerre 1 ; mais le trafic se faisait toujours parles itinéraires accoutumés, entre le plateau et les zones étagées du versant.Non ravivée par les apports de l’étranger, la civilisation mexicaine ne pou-vait trouver d’éléments nouveaux dans le peuple lui-même, que des formestraditionnelles, et de plus en plus tyranniques, avaient graduellement privéde toute initiative. Une inflexible étiquette réglait tout rapport entre lesclasses : la société s’était figée, pour ainsi dire. Quant au culte public, ilétait devenu atroce.
I/origine en était cependant pure de tout sacrifice sanglant. Le pre-mier des dieux, portant par excellence le nom de Teotl, était Atonatiuh,le « Soleil des Eaux », celui dont les rayons, échauffant la mer, firent toutnaître du chaos. Le fils du Soleil, qui ramène le printemps chaque année,est Tlaloc , le vent alizé qui apporte les pluies, l’oiseau qui vient de lamer, le serpent qui brille en éclair dans le ciel, qui se glisse dans les fis-sures du sol, symbolisant les eaux courantes 5 . Au temps où les Aztèques fondèrent Tenochtitlan , on gardait le souvenir d’une religion clémenteoù les suppliants n’offraient au « Soleil Père », à la « Lune Mère », au« Sol Frère » et au dieu du vent que les grains et les fruits pour luifaire bénir les récoltes futures; on espérait même pour un âge d’or futur