NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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la restauration de ces cérémonies pacifiques, puisqu’on les associait à lavenue d’un autre Tlaloc , Quetzacoatl, ou le « Serpent emplumé », qui vientde l’orient avec le vent d’est et qui y retourne. Mainte nation vaincue,comme celle des Totonaques, se plaignait d’avoir à fournir des victimeshumaines aux dieux mexicains, tandis que leur propre divinité, « mèredes hommes », demandait seulement des fleurs et des semences; mais si cen’est dans le temple de Texcoco, que Nezahualcoyotl avait élevé au « dieuinconnu » et où il se bornait à brûler des parfums devant lui, la religionà laquelle les guerres et l’habitude d’ajouter des captifs aux autres offrandesavaient fini par condamner tous les Nahua était la religion du sang : cen’est pas le symbole de la vie, représenté par les prémices de la terre,mais la vie elle-même qu’il fallait offrir incessamment sur les autels desdieux. Quand on présentait des graines, elles devaient être réduites enfarine et pétries avec le sang des enfants et des vierges. On faisait unepâte de la cendre des pères avec la chair des fils.
Pour apaiser la colère des dieux méchants, pour éloigner les malheursqui se préparaient contre eux dans le monde inconnu, les Mexicains avaientrecours aux sacrifices, comme jadis les hommes de toute autre race, Aryens,Sémites ou nègres; mais peut-être leurs rites sanglants dépassèrent-ilsen horreur ceux de tous les autres peuples, même ceux des gens duDahomey . Les plus craintifs se torturaient eux-mêmes, comme les fakirs del’Inde et les Aïssaoua de l’Algérie : ils se déchiraient les chairs avec desépines de maguey, prolongeaient leurs jeûnes pendant des journées en-tières, se privaient de sommeil jusqu’à la folie. Un ingénieux bénédictin,Camillo de Monserrate, expliquait les sons mouillés de il, etl, qui résonnentsi bizarrement à nos oreilles, par l’habitude qu’avaient les Mexicains, dansleur frénésie religieuse, de se percer la langue avec de grandes épines decactus : ils se seraient ainsi donné une sorte de bredouillement, devenuhéréditaire après de nombreuses générations. Mais c’est par des représen-tants surtout que l’on cherchait à conjurer le caprice des dieux : on rache-tait ses fautes en sacrifiant des victimes étrangères. Dans l’Ancien Monde,riche en animaux de toutes sortes, c’est le sang des bêtes que l’on offraitd’ordinaire aux dieux; mais sur les plateaux mexicains on n’avait guère quedes hommes à torturer et à dépecer en l’honneur des divinités jalouses;c’était des cœurs humains que des prêtres arrachaient dans les poitrinesencore chaudes, pour les tendre vers le ciel aux divinités invisibles. Onsacrifiait à Tlaloc des nourrissons ou des enfants qu’on avait fait mourirde peur et que les grands de la nation mangeaient ensuite en un festinreligieux. Le cimetière de Tenenepanco, que M. Charnay découvrit sur les