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permanente dans lequel s’est trouvé le Mexique durant un demi-siècleaprès la, proclamation de l'indépendance; le pays cherchait, sans pouvoirle trouver, un nouvel équilibre économique. I’ar une sorte de parallé-lisme, guerre civile répondait à guerre civile en Espagne et dans sesanciennes colonies ; révoltes et contre-révoltes se faisaient écho de l’un àl’autre coté de l’Océan, comme si une vie commune avait encore uni lestronçons épars de l’ancien empire. C’est que la métropole et ses possessionsd’autrefois avaient été également immobilisées pendant trois cents années :d’un côté, l’exploration et la conquête du Nouveau Monde avaient épuisél’Espagne et l’avaient fait vivre en parasite sur des trésors mal acquis; del’autre, le travail d’accommodation à une civilisation nouvelle avait occupétoutes les forces des colonies jusqu’aux temps de la révolution commune.
Au Mexique , l'unité nationale est d’autant plus difficile à conquérirqu’une partie notable des Indiens n’est encore associée à la populationpolicée que d’après les actes officiels. Tous les indigènes groupés en tri-bus, qui vivent à part dans les territoires écartés, parlant les ancienneslangues et pratiquant les anciennes coutumes, doivent être considéréscomme ne faisant pas encore partie de la nation mexicaine ; mais ils sontassimilés en plus grand nombre d’année en année, grâce aux routesqui traversent leur territoire, aux villes et aux établissements industrielsqui s’y fondent, aux écoles qu’on y établit.
Même les plus éloignés du centre de la civilisation mexicaine, c’est-à-direles Indiens de la Californie péninsulaire, ont appris à parler espagnol etceux d’entre eux qui sont dans le voisinage des missions et des stationsminières ne diffèrent point des autres Indiens mansos. Du reste, ils sontbien peu nombreux, pas même trois mille, et la tribu des Pericü, que l’onmentionnait récemment encore comme vivant à l’extrémité méridionale dela presqu’île, a complètement disparu. Les deux peuples qui subsistent,les Cochimi et les Guayacura (Guaicuri), les premiers vivant au nord, lesseconds au milieu de la péninsule, sont apparentés aux Yuma arizoniens,et comme eux ils habitaient les plaines du nord, actuellement occupéespar les Cocopa : ils furent repoussés graduellement à l’ouest du Colorado .Cochimi et Guayacura sont parmi les plus nomades des Indiens : ils chan-gent au moins cent fois de résidence chaque année. La nuit, ils s’abritentcontre le vent par une broussaille ou par une rangée de pierres, maisils ont toujours le ciel libre au-dessus de leurs tètes; cependant ilsconstruisent quelquefois des espèces de terriers pour leurs malades.