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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
sique'; quand la mort s’approche, il donne rarement un signe de dou-leur ou d'effroi : c’est un stoïcien parfait. A cet égard, il ressemble auPeau-llouge des Etats-Unis ; mais, si ce n’est dans le voisinage des villes,où les vices du blanc l’ont dégradé sans que l’art ni l’instruction l’aientennobli, il 11e parait nullement être menacé de disparition. Soit à l’état derace pure, soit, en plus grand nombre, métissés avec les blancs, ce sont lesIndiens auxquels est dû chaque année l’accroissement de la populationmexicaine. Néanmoins les indigènes qui 11e sont pas encore entrés dans lasociété des blancs et des métis par la culture et les mœurs de la sociétécivilisée ont cet aspect de tristesse et d’incurable mélancolie naturel auxpeuples qui s’en vont. Ils sont toujours graves, silencieux, et à bon droitdéfiants. Ils aiment la solitude, et ne quittent pas volontiers leurs buttesnatales, prudemment enfermées entre des haies de cactus. En dehors deleur village croulant, que domine un clocher bâti par eux avec amour,rien n’éveille leur curiosité. Ils savent pourtant suivre du regard l’hommedont ils ont à se plaindre : ils dissimulent pour attendre le moment favo-rable à la vengeance.
Ees Mexicains de race croisée, qui tendent à constituer de plus en plus legros de la population, sont en moyenne beaucoup plus gracieux de forme,plus élégants que les Indiens et de traits plus délicats. Ils ont aussi les che-veux noirs, et souvent raides; le nez droit est quelquefois un peu aplati, lefront déprimé; mais ce que la ligure peut avoir d’irrégulier est toujoursracheté par la bienveillance du regard et du sourire. Chez les femmes l’em-bonpoint est assez commun. Les attaches des mains et des pieds sont d’unegrande finesse. Les créoles mexicains sont, avec ceux du Pérou , les clientsdes gantiers français qui, hommes et femmes, ont la plus petite main 8 . LeMexicain se présente avec aisance et modestie; il est toujours poli, mêmeavec ses familiers, sans fausseté, même envers ceux dont il n’est point l’ami :« sous le sarape le plus grossier on ne trouve jamais le rustre » 3 . Son in-telligence est ouverte, mais d’ordinaire sans aptitude bien caractérisée,et souvent, dans la jeunesse, il se laisse entraîner à la dissipation, auxgaîtés faciles de la vie. Il donne volontiers, partage avec les amis, risquevolontiers son avoir sur un coup de dés. « Le feu est dans sa bourse », dit unproverbe local pour donner une idée de la prodigalité du métis, qui con-traste si bizarrement avec l’avarice de l’Indien pur : c'est ainsi que lesMixtèques et les Zapotèques d’Oaxaca auraient encore l’habitude d’enfouir
1 D. Jourdanet, Du Mexique au point de vue de son influence sur lu vie de l’homme.
- G. de Murtillet, Société d'Anthropologie, séance du (5 février 1890.
"■ .1. Leclercq, ouvrage cité.