Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
137
JPEG-Download
 

INDIENS ET MÉTIS.

137

leurs épargnes, à l'insu même de leur famille, alin d’èlre seuls à en jouirquand viendra le jour de la résurrection. Des centaines de millions se-raient cachés dans le sol 1 2 . Tel est d’ailleurs l’usage antique : les trésorssuivaient leur possesseur dans le tombeau, et l’on peut espérer de faireencore dans les fouilles de très précieuses découvertes de joyaux et d’objetsantérieurs à la conquête.

Les Espagnols qui ont fait souche de populations nouvelles sur les pla-teaux mexicains étaient pour la plupart des lbériens du Nord, Galiciens ,Asluriens et Basques , tandis que les colons de Yera-Cruz furent en majoritédes Andalous. Plus tard vinrent les Catalans. L’immigration de ces colonsne fut considérable à aucune époque, puis elle fut interrompue pendant laguerre d’indépendance; même l’exil frappa une forte proportion desquatre-vingt mille Espagnols qui vivaient alors dans la contrée : ils furentexpulsés, par familles et colonies entières, et un mouvement de retour selit vers l’ancienne métropole. Depuis lors, un léger reflux de colonisa-tion s’est produit; des Français,des Italiens ont pris part à l’immigration,qui se dirige principalement vers le plateau, et même des Européensdu Nord, Anglais et Allemands , résident par milliers sur les hautes terresde la région « froide ».

On a cru longtemps, sur la foi de Ilumboldt, que l’Anahuac était unerégion dont l’altitude compensait à peu près exactement pour l'Européenles latitudes plus septentrionales de sa patrie et que l’acclimatement s’yaccomplissait en peu de temps et d’une manière définitive. «A l’exceptionde quelques ports de mer et de quelques vallées profondes, disait-il, laNouvelle Espagne doit être considérée comme un pays extrêmementsain’. » Elle l’est en effet pour les indigènes qui se sont accommodésau climat depuis un temps immémorial; mais il ressort des recherchescomparées de Jourdanet et d’autres physiologistes que les Européensdu Nord et même ceux du Midi ne s’établissent point impunément surles hauts plateaux, où la colonne barométrique est en moyenne de 58 à59 centimètres, et où, par conséquent, le poids de l’atmosphère est d’uncinquième inférieur à celui de l’air au niveau de l’Océan ; les poumons del’homme y aspirent moins d’oxygène, de 50 à 55 grammes par heure. Nonacclimaté, tout en croyant l’être, l’étranger qui vit sur les hauteurs courtplus de dangers que l’Indien, bien que son hygiène soit en général mieuxcomprise ; il doit redouter surtout la saison sèche, c’est-à-dire les trois

1 C. von Gagera, mémoire cité.

2 Essai politique sur la Nouielle-Espuyne.

XVII.

18