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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

mois de mars, avril et mai, pendant lesquels la vapeur d’eau est insufli-sante pour aider aux fonctions respiratoires. Les enfants nés d’Européens ,d’ordinaire chétifs et blêmes, s’élèvent assez difficilement et presque tou-jours la vieillesse est prématurée; pour les indigènes eux-mêmes l’accrois-sement annuel de population est beaucoup plus considérable dans laterre tempérée (pie dans la terre froide. Sur les plateaux les immigrantssont plus menacés que sur les pentes de la zone tempérée; même ceux quis’établissent dans les plaines brûlantes du littoral se trouvent relativementaguerris après avoir triomphé de la fièvre jaune ou des fièvres paludéenneset sont mieux acclimatés que leurs compatriotes des hautes terres. Lespneumonies sont très fréquentes sur le plateau, de même que les dyssen-teries et les empoisonnements typhiques. L’anémie affaiblit peu à peu laconstitution de l’étranger : frappé souvent de vertige, il croit perdreéquilibre sans cause appréciable et s’imagine qu’un tremblement a faitfrémir la terre. Les cancers, très rares sur le littoral, sont fort communsdans la « vallée » de México et y prennent une marche rapide. Et plusl’Européen séjourne à ces altitudes, moins il a de force pour résister auxinfluences de maladie : loin de s’acclimater, il devient de plus en plussensible aux refroidissements, de moins en moins apte à continuer lalutte pour l’existence. En revanche, ces régions hautes confèrent uneimmunité presque complète à leurs habitants indigènes contre la phtisie,et même les immigrés ayant contracté la maladie en d’autres endroitsou nés de parents phtisiques ont de grandes chances de guérir dansl’Anahuac 1 . Le manque d’hygiène explique les cas, assez rares, que l’onsignale encore.

Dans la région du littoral, au contraire, la phtisie est une maladie com-mune et se présente avec une singulière acuité, si ce n’est dans les contréesmarécageuses où régnent les lièvres paludéennes ; les deux redoutablesmaladies se partagent le domaine côtier. On sait aussi combien la fièvrejaune est à craindre sur les bords du Golfe, et notamment à Vera-Cruz :les cas sont moins fréquents en hiver, mais on a vu l’épidémie régneren toute saison. Peut-être cette maladie n’existait-elle pas avant l’arrivéedes Européens dans le pays : du moins les médecins n’ont-ils pu l’identilieravec aucun des autres fléaux contagieux dont parle l’histoire du Mexique ;on ne la signale pour la première fois avec certitude qu’au milieu du dix-septième siècle, à la suite de grands travaux de terrassement*. Elle ne se

1 Jourdanet; — de Belina; — Coindet; — Dupin de Saint-André, etc.* ü. Jourdanet, Le Mexique et l'Amérique tropicale.