Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
141
JPEG-Download
 

BASSE-CALIFORNIE, LA PAZ .

141

une source voisine, y découvrirent, avec surprise les restes d’un grand éta-blissement d’exploitation que des industriels américains y avaient formé :embarcadères, terre-pleins, entrepôts, chemins de fer, trains de vagonnetsy occupaient un espace de plus de 6 kilomètres. Évidemment, l’entrepriseavait employé un grand nombre d’ouvriers, et pourtant le gouverne-ment mexicain n’avait jamais été avisé de l’existence de cette entreprise,peut-être à cause de la position écartée de la péninsule et du manque depopulation locale'; peut-être faudrait-il y voir plutôt un exemple de l’in-curie ou de la vénalité des fonctionnaires.

La moitié de la population californienne s’est groupée vers l’extrémitéméridionale de la péninsule, et principalement dans le voisinage du golfede la Paz. La capitale de la province, bâtie par les missionnaires jésuites,s’élève dans un lit de torrent sans eau, sur la rive méridionale de la baie,que protège à l’est, le promontoire rocheux de Pichilingue : la verdure desjardins qui l’entourent contraste avec l’aridité des roches et des sablesque présentent dans presque toute leur étendue les côtes de la presqu’île.Une route bien entretenue, bordée de papelotes ou norias, serpente ausud de la Paz entre les vergers, les vignes, les cafèteries et autres planta-tions pour atteindre sur le versant océanique le village prospère de Todos-Santos, autour duquel on cultive surtout la canne à sucre; un ruisseauqui ne tarit jamais, phénomène rare dans la Californie mexicaine, arrosele vallon de Todos-Santos. Ainsi la Paz est privilégiée comme centre agri-cole ; toutefois la principale richesse du district est encore celle des minesd’or et d’argent. Jadis elles rapportaient bien davantage, et lorsque lepays était sous la domination des Jésuites , la production était évaluée àplusieurs millions par mois; on dit que les galeries les plus riches furentobstruées en 1767, lors de l’expulsion des missionnaires, et que depuiscette époque les Indiens ont fidèlement gardé le secret. Quoi qu’il en soit,certaines mines, entre autres celles de San-Antonio, au sud de la Paz,sont très productives en minerai d’or : l’extraction annuelle dépasserait12 millions de francs 5 . Au nord-ouest de la Paz, Marquès, on exploiteaussi une mine de mercure, qui fournissait autrefois aux Indiens de lapéninsule du cinabre pour se peindre le corps, aux jours de fête ou debataille : d’échange en échange, ce minerai s’expédiait jusque dans l’Oré-gon 3 . Enfin, la Paz est le centre des pêcheries de perles dans le golfe deCalifornie. Les roches immergées du cap Pichilingue sont couvertes d’huî-

* Martinez Baea, Anales del Ministerio de Fomento, 1887.

2 Kit. Guillemin, Archives de la Commission Scientifique du Mexique.

3 J. Xântus, Mittheilunyen von Pctermann, 1861, Heft IV.