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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

l’application d’un emplâtre de térébenthine, qui fait suppurer la plaie etentraîne au dehors les débris de l’animal. Cette maladie est peu commune;mais il en est une autre qui affecte des populations entières, surtout dansles Etats de Guerrero et d’Oaxaca : c’est le mal des pintos. Les individusqui en sont atteints n’ont plus la peau d’une nuance uniforme : elle setache de blanc sur fond noir, ou de rouge sale sur fond blanc, et les plaquesgrandissent peu à peu : le corps finit par être tout bariolé, souvent avecune certaine régularité, comme la robe d’un cheval pie ou comme la peaudes serpents et des salamandres. Le goitre et le pinto se partagent laimputation en mainte vallée des montagnes. Tandis que le goitre affligeles habitants des fonds humides, le mal des pintos s’attaque aux monta-gnards des sommets, et dans la zone intermédiaire les deux affections seprésentent à côté l’une de l’autre 1 . Pendant les guerres civiles du Mexique ,des chefs de bandes ont eu sous leurs ordres des troupes entièrement com-posées de ces hommes aux figures étranges, peintes par la maladie d’unmasque bicolore.

RASSE-CAI. IFORN'IE, SONORA, SI.NAI.OA.

La contrée du Mexique la plus éloignée de la capitale et la plus distinctepar la situation géographique est également celle qui, au point de vuepolitique, a le moins d’importance : elle ne sert, pour ainsi dire, qu’àinterposer sa barrière, de 1200 kilomètres en longueur, au-devant duterritoire mexicain : c’est la Basse-Californie . Très faiblement peuplée, d’unpeu plus de ûOOOO habitants, c’est-à-dire d’un individu seulement pour5 kilomètres carrés, n’ayant guère d’autres ressources que des mines, dessalines, des pêcheries, elle n’a pas même été jugée digne d’être constituéeen Etat, et n’est qu’un simple territoire appartenant en commun à l’en-semble de la république. Aussi les Américains du Nord ont-ils fréquemmentfranchi la frontière de la péninsule pour exploiter à leur aise des gisementsde métal ou de sel qui ne leur étaient pas concédés. On savait depuis long-temps que de vastes salines naturelles s’étendent sur la côte occidentale, lelong de la baie Sébastian Yizcaino ; mais les bassins d’évaporation salinesont si nombreux sur les côtes et en territoire mexicain, que les Espagnolsn’avaient point songé à utiliser ces vastes dépressions californiennes recou-vertes d’efflorescences de sel. En 1884, des explorateurs mexicainsvisitant une de ces baies, dite Ojo de Liebre, ou « Font du Lièvre », d’après

1 Chassin; — Archives de la Commission Scientifique du Mexique, tome III.