ARBRE DE TELE, PUERTO-AXGEL, HUATl’LCO.
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tiles, des oiseaux se réfugient en foule dans les retraites du fût et dans lefeuillage qui s’élève à la hauteur de 58 à 50 mètres, bien inférieure,il est vrai, à celle des plus grands séquoias de l’Orégon et des eucalyptusde l’Australie . Les énormes saillies extérieures, qui donnent à l’arbre l’as-pect d’un groupe de troncs soudés par la croissance, avaient fait croire àquelques auteurs, notamment à Humboldt, qui d’ailleurs ne l’a pas vu,que le cypre de Tule se composait en effet de plusieurs arbres, d’aborddistincts, puis réunis par la croissance ; mais l’examen des branches termi-nales, qui partent toutes régulièrement du centre, prouve qu’il n’en est pasainsi. L’arbre saint des Zapotèques est bien une plante unique 1 * 3 . Les indi-gènes l’entourent d’une superstitieuse vénération : nul ne peut visiter lesabino que sous leur surveillance et ils ne permettent pas qu’on en briseun rameau ; chaque jour ils en nettoient soigneusement le pied 8 .
La route d’Oaxaca à la mer ne descend pas par la vallée de l’Atoyac, quidécrit une longue courbe dans la direction de l’ouest jusque vers les confinsde l’État de Guerrero. On laisse cette vallée sur la droite pour monter direc-tement au sud et franchir, à l’altitude considérable de 2260 mètres, lacrête du Cimaltepec, qui borde le littoral. Non loin du faîte se trouve levillage industrieux de Miahuatlan, dont les habitants sont de très habilestresseurs de paille et fabriquent une foule de petits objets qui s’expédientau loin. L’industrie de la cochenille faisait autrefois la prospérité du pays;depuis quelque temps les pentes méridionales de la montagne sont cou-vertes de cafèteries qui donnent des produits très appréciés : aussi la cul-ture de la plante se développe-t-elle rapidement dans la contrée, mêmejusqu’à 00 et 75 kilomètres de la mer, et les prix rémunérateurs per-mettent aux planteurs d’introduire dans le pays des machines fort coû-teuses pour le séchage et le triage des grains 5 . Grâce à cet accroisse-ment des cultures, Puerto-Angel, l’escale d’Oaxaca , ouverte depuis 1868, apris récemment une certaine importance commerciale : ce n’est d’ailleursqu’une baie mal abritée.
Le meilleur port de la cote est celui de Huatuleo ou Guatulco (Goatolco),c’est-à-dire le « Lieu du Grand Serpent ». Le goulet du havre, large d’en-viron 600 mètres, donne accès dans un bassin bien défendu contre les ventsoù les grands navires trouvent des fonds de 7 à 16 mètres, décroissantgraduellement vers la rive : la villa de Crespon, petit bourg de pêcheursqui recueillent des huîtres perlières et des coquilles à pourpre (avlisia
1 Manuel Ortega Rcyes, La Naturaleza, tome II, 1882.
- Désiré Chnrnav, Anciennes villes du Nouveau Monde.
3 Récolte dans le district de Puerto-Angel en 1888 : 550 000 kilogrammes.