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CHIAPAS , TABASCO, CAMPECHE, YCCAIAS.
Bien séparées du corps continental mexicain par la dépression de l’isthme,les montagnes de Chiapas appartiennent évidemment à la môme régionnaturelle que les crêtes et les hautes terres du Guatemala ; les unes et lesautres, disposées en une chaîne continue, ont leur pente rapide tournéevers le Pacifique et leur contre-pente à déclivité douce s’inclinant au nordvers les régions alluviales du Tahasco et vers les plaines du \ucalan. Cettepéninsule, dont la hase baigne, pour ainsi dire, dans les marais et lesdeltas ramifiés du Tahasco, avance sa grande masse quadrilatérale en dehorsdu continent, comme pour se rattacher à Cuba , et se continue sous leseaux du Collé par un platin de bancs immergés qui en font géogr ^ ’ e-ment partie. Ainsi tout le Mexique oriental, du Chiapas au Yucatan, con-stitue un territoire bien distinct du reste de la République . 11 en diffèreaussi par les origines et par l’histoire de sa population avant et depuis laconquête; mais, en proportion de son étendue, il est loin d’avoir uneimportance comparable à celle du Mexique occidental; il est encore trèsfaiblement peuplé, et l’on commence à peine d’en utiliser les ressources,infinies pour ainsi dire. La densité kilométrique des quatre Etats orientauxest évaluée seulement de 5 à 4 habitants.
La séparation naturelle des territoires indiquée par l’isthme de Tehuan-tepec fut aussi une frontière ^ . Sous la domination espagnole, le
Chiapas fut temporairement attribué en 1776 à l’intendance d’Oaxaca ;mais pendant presque toute la durée des trois siècles qui s’écoulèrent depuisl’expédition conquérante d’Alvarado, en 1525, jusqu’à la proclamation del’indépendance, en 1821, le Chiapas et la province riveraine du Pacifique,le Soeonusco, furent de simples dépendances de la vice-royauté guatémal-tèque. En s’unissant au Mexique, le Guatemala lit entrer avec lui lesdeux provinces dans l’empire d’Iturbide ; mais, quand il proclama de nou-veau son autonomie politique, il ne put récupérer qu’une faible partie duSoeonusco, et c’est en 1882 seulement que la frontière indécise a étédélimitée, sinon sur le terrain, du moins dans les documents diploma-tiques. Quant à la péninsule du Yucalan, qui constituait une inten-dance spéciale dans la vice-royauté de la Nouvelle Espagne, elle devintprovince mexicaine après la proclamation de l’indépendance; mais, en