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La llore, la faune du Chiapas et du Yucatan appartiennent au mêmedomaine que celles du Mexique méridional, si ce n’est que plusieursespèces de l’Amérique Centrale y font leur apparition. Nulle part cetterégion du sud, médiaire entre le Mexique proprement dit et les Isthmes, n’ad’étendues désertes, et en maints endroits la végétation y est d’une puis-sance admirable, même sur les pentes des montagnes de Soeonusco et surles rivages de leur hase, où pourtant les pluies ne sont pas très abondantes;les fougères arborescentes, les cacaoyers et autres arbres qui demandentune grande quantité d’eau, une atmosphère toujours humide, y croissentavec fougue, et dans les régions basses le riz prospère sans irrigation :l’humidité suintant souterrainement des hauteurs supplée à la rareté despluies. Quant aux plaines calcaires du Yucatan , elles sont revêtues deplantes, il est vrai, mais la végétation y est d’un aspect misérable et ra-bougri; ce ne sont pas de grandes forêts au branchage entremêlé, enguir-landé de lianes comme sur les terres fécondes de Chiapas cl de Tabasco ;on ne voit qu’une brousse d’arbustes épineux, des fourrés de cactus etd’agavés, mais sans aucune de ces grandes espèces de cierges qui s’élèventà plus de 10 mètres dans les régions de l’Anahuac 1 . L’eau de pluie tra-verse trop rapidement le calcaire poreux pour alimenter une végétationplus riche.
Parmi les végétaux qu’on ne trouve pas dans le Mexique proprement ditet qui appartiennent à la région chiapanèque et yucatèque, il est beaucoupd’arbres précieux par leurs bois ou leurs matières tinctoriales, tels quel'acajou (sicielenia mahagoni) et le bois de campêche (hæmatoxylon campe-chianum). Le premier de ces arbres est encore plus commun en diversesparties de l’Amérique Centrale que dans le Tabasco mexicain , mais c’estdans la région qui lui a donné son nom usuel que l’arbre de campêchese rencontre exclusivement. Cette plante légumineuse au bois dur atteintparfois de 12 à 15 mètres dans les terrains qui lui conviennent le mieux.Elle forme d’abord des buissons assez semblables à ceux de l’aubépine; maisà mesure qu’elle grandit, elle entremêle ses branches en une masse ronde,au feuillage impénétrable, tellement épaisse qu’elle ne laisse rien pousser àson ombre. D’après Morelet, les Anglais ont vainement essayé de propagerle bois de campêche dans les Bahama et en d’autres colonies de l’Amérique tropicale; mais dans sa patrie il prospère sur les terrains caillouteux descollines et sur les roches aussi bien que dans un sol d’alluvions. En outre,il croît assez vite, puisque les nouvelles pousses sont bonnes à couper après
1 A. Woeikof, Peiermnnns Mittheilungen, 1879, HeftVI.
xvn.
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