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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
lu grammaire, mais les vocabulaires des deux langages proviennent deradicaux communs à tout le groupe. Brasseur de Bourbourg croit aussipouvoir assimiler un grand nombre de termes maya à des mots aryens,notamment germaniques et Scandinaves; toutefois cette opinion de l'en-thousiaste savant n’a point été accueillie avec laveur : des coïncidences for-tuites ne constituent point la parenté. Le maya pur ne se parle actuelle-ment que dans la partie nord-orientale de la contrée, aux alentours deYalladolid et de Tizimin*. L'alphabet latin de la langue maya renferme descaractères particuliers, tels le o (te), qui répondent à des sons inconnus àl’espagnol .
Un témoignage frappant de la persistance du génie maya est celui queprésente la nomenclature géographique du Yucatan : presque tous les nomsdonnés par les indigènes se sont maintenus malgré les Espagnols . L’appel-lation Yucatan , qui a prévalu sur le nom espagnol, Ma de Santa Maria delos Remedios, est elle-même un mot d’origine maya ; toutefois on ne peut endonner le sens exact : il provient sans doute d’une confusion que firentles navigateurs espagnols quand ils s’enquirent du nom de la contrée.D’après l’évêque Landa, le convertisseur des Maya, la désignation usuelleétait Ulumit Cuz el Elel Cet, c’est-à-dire « Pays des Dindons et des Cerfs ».Le nom de l’ancienne capitale, Mayapan , était aussi fréquemment appli-qué à toute la péninsule, et celui de Maya, appartenant au peuple, aurait étéprécédemment donné à toute la contrée : Ma-ay-ha signifierait «Terre sansEau » s . De même qu’au pays des Aztèques, les conquérants fanatiques s’ef-forcèrent de faire disparaître tout ce qui rappelait la religion indigène;les manuscrits les plus précieux furent consumés par le feu, les idoles etles sculptures détruites; cependant quelques traditions se sont maintenuescomme la langue et les mœurs, et les savants ont pu tenter de reconstituerl’histoire politique du peuple maya jusqu’à deux ou trois siècles avant laconquête.
Les premiers personnages légendaires de l’histoire du Yucatan , à la foishéros, fondateurs d’empire et dieux, sont Yotan et Zamna, qui se confon-daient en partie dans l’imagination populaire et auxquels on attribuaittoutes les institutions du pays ainsi que les diverses inventions faitesdepuis l’origine du monde. Après eux vint un autre souverain mythique,Cukulcan, que les savants identifient avec le Quetzàlcoatl du Mexique et leGueumalz du Guatemala ou le « Serpent à Plumes » et dont l’histoire coïn-