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Livre XVII. Indes occidentales.
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MONUMENTS YUCATÈQUKS, SOCONUSCO.

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tours généralement arrondis comme ceux des « cailloux », — sont dis-posés en longues bandes, comme les caractères d’un livre, et servaient cer-tainement à expliquer les sculptures qu’ils accompagnent; peut-être unjour révèleront-ils l’histoire détaillée du peuple constructeur ; ils nous dirontdu moins quelle était la destination des édifices, désignés maintenant sousdes noms espagnols de fantaisie, et surtout quel était leur âge, objet dediscussions incessantes entre les archéologues. Les mêmes signes étaientaussi reproduits sur des étoffes et des écorces et les manuscrits se rou-laient ou se reliaient en plaquettes. Les documents hiéroglyphiques de lalangue maya sont rares : on en possède quatre seulement dans les muséesd’Europe et nulle inscription bilingue ne facilite le déchiffrement des signescomme le firent la pierre de Rosette et les tables cunéiformes de Bisou-loun ; cependant des prêtres espagnols connurent cet alphabet, et l’on amême retrouvé le manuscrit maya d’un de ces missionnaires '. D’ailleurs,les seuls renseignements que l’on possède sur l’écriture yucatèque sont four-nis par l’ouvrage de cet évêque à la triste mémoire, Diego de Landa , quibrûla les manuscrits recueillis dans les temples*. Us expliquent seulementune soixantaine de signes, sur plusieurs milliers, et chaque caractère pou-vant être remplacé par d’autres qui ont le même sens, quoique formés departies différentes, on comprend que les traductions soient actuellementimpossibles 3 . Les archéologues s’accordent à dire que les essais de tra-duction faits par Brasseur de Bourbourg n’ont pas été heureux.

Séparés de l’intérieur du Chiapas par une chaîne très rapprochée dulittoral, que ne traversent encore ni grandes routes ni chemins de fer, lesgroupes d’habitations situés sur la côte du Pacifique ne peuvent avoir qu’unefaible importance commerciale; en outre, le manque de bons ports éloignela navigation. Cependant l’extrême fertilité du sol et l’excellence de sesproduits donnent au Soconusco un nom fameux sur les marchés de l’Europe et du Nouveau Monde. Les deux escales les plus fréquentées de cette côtesont Tonalà et San-Benito ou Soconusco, livrant l’une et l’autre accès auxnavires de faible calaison par des graus périlleux, qui s’ouvrent dans uncordon littoral et font communiquer la haute mer avec de longs marigotscôtiers. Bien qu’il soit le port le plus rapproché de la capitale duChiapas , Tonalà ne fait pas même chaque année pour un million d’é-

' Daniel G. IJrinton, The Books of Chilan-Balam.

- Léon de Ilosny, Boletin de la Sociedad de Geografia y Estadistica, Mexico , 1880.

3 II. de Charencoy, Mélanges de Philologie et de Paléographie américaines.