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loi a été votée a vu en effet proroger son pouvoir; en 1890, une loi nou-velle l’a même nommé président à vie. Il dispose d'une telle autorité, que,avec l’approbation du Congrès ou de la délégation permanente, il peutsuspendre les garanties constitutionnelles « en cas d’invasion, de gravesperturbations intérieures ou d’un péril social ». 11 choisit librement sesministres ou secrétaires d’Etat, préposés aux affaires étrangères, à l’inté-rieur, à la justice et à l’instruction, aux finances, à la guerre, au pro-grès ou fomento , — c'est-à-dire principalement aux travaux publics. —Le pouvoir judiciaire est exercé par des cours de district et de circuit etpar une cour suprême, composée de juges élus pour une durée de six ans.Le code civil cl criminel est le même dans tous les États, excepté ceux deVera-Cruz et de Tlaxcala. La prison pour dettes est abolie, et la Répu-blique s’est engagée à repousser tout traité d’extradition des accusés poli-tiques. Le système décimal est devenu le système légal des poids, mesureset monnaies.
Sous le régime colonial, le clergé exerçait une grande puissance dans legouvernement de la contrée : l’énormité de ses revenus, jointe à l’auto-rité religieuse qui lui permettait d’ouvrir ou de fermer les portes du ciel,lui assurait la domination incontestée sur les s indiennes :
quelques-uns des prélats avaient un million de rente; d’après Lucas Ala-inan, les biens du clergé représentaient la moitié de la fortune totale duMexique . La guerre de l'Indépendance diminua les richesses et le pouvoirde ces hauts dignitaires, mais l’intluence du clergé resta fort grande, carles prêtres créoles qui prirent parti contre les Espagnols ou qui mêmesoulevèrent le peuple contre eux, comme Hidalgo et Morelos , avaient faitoublier les chefs de l’Eglise qui lancèrent l’excommunication contre lesrebelles; encore au milieu du dix-neuvième siècle, Lerdo de Tejada éva-luait au tiers de la propriété foncière du Mexique l’ensemble des terrespossédées par le clergé. Avec les revenus que lui assuraient en outre lescréances hypothécaires et le produit des dîmes encore perçues contraire-ment à la loi, cette fortune immense était accrue d’une rente d’environ100 millions de francs chaque année. Or, en 1855, le nombre des ecclé-siastiques mexicains était seulement de 4015, les uns pauvres desservants,les autres prélats lâchement dotés.
Un premier coup avait été porté à la puissance de l’Église par les Espa-gnols eux-mêmes, en 1707, lorsque tous les Jésuites résidant au Mexique furent emprisonnés, dépouillés de leurs propriétés, puis bannis. La révolu-tion s’accomplit, près d’un siècle après, en 1857, par la loi de « désamorti-sation », qui ordonnait la vente immédiate des biens ecclésiastiques; mais