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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
la lutte d’influence n’en continua pas moins entre les partis et le hautclergé ne se considéra comme vaincu qu’après la chute de Maximilien, laretraite des troupes françaises et le triomphe définitif des républicains.Les propriétés de l'Eglise lui furent enlevées, et les prêtres perdirent ledroit de surveiller les écoles et de célébrer leurs cérémonies en public; lemariage cessa d’être un sacrement, pour devenir un contrat civil. L’établis-sement des corporations ou congrégations religieuses fut interdit. Enfin,depuis 1875, l’Eglise est complètement séparée de l’Etat, qui se déclareneutre entre les différents cultes. Plus d’une centaine de temples protes-tants, appartenant à douze sectes différentes et fondés presque tous pardes missionnaires américains, ont été bâtis à México et dans le restede la contrée; en 1860, la seule capitale avait 57 écoles protestantes, fré-quentées par 1540 élèves. D’autre part, on constate en plusieurs districtsécartés, où la population est purement indienne, un oubli rapide des an-ciennes cérémonies catholiques. De nombreuses paroisses restent sansprêtres et les indigènes cessent de pratiquer tout culte extérieur 1 ; si cen’est au Michoacan , on voit dans presque toutes les villes des églises trans-formées en usines, en casernes, en entrepôts, même en cirques de taureaux ! ,car, après avoir été interdite, la tauromachie est de nouveau permise.
La république Mexicaine a sa petite armée, plus considérable en pro-portion que celle des Etats-Unis . En 1889, elle comprenait un ensemblede plus de 27000 hommes, avec les gardes champêtres et les gendarmes;les réserves élèveraient l’ensemble de l’armée à 160000 hommes 3 . En outre,le Mexique possède une flottille de deux corvettes et de trois canonnières;deux écoles navales ont été fondées, l’une à Mazatlan, l’autre à Campeche.Les forces mexicaines sont, il est vrai, peu importantes en comparaisondes armements prodigieux des grandes puissances militaires; cependantelles suffisent pour peser lourdement sur le budget mexicain : elles repré-sentent annuellement plus du tiers des dépenses nationales, soit de 60 à70 millions de francs.
Les finances de la République ont été longtemps dans le plus granddésarroi, surtout à l’époque où des négociants étrangers disposaient de ladiplomatie de leur pays pour se porter créanciers de sommes fictives et
1 Wooikof, Petermann's Millheilungen, 1879, Heft VI.
;S Conkling, Mexico and ihe Mexicans.
3 Armée du Mexique : Infanterie.. 17 507 hommes.
Cavalerie. 5 484 »
Génie, artillerie et autres. 4 455 »
Ensemble. . . . 27 244 hommes, dont 5000officiers.