Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
322
JPEG-Download
 

522

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

régions basses parsemées de lacs sans profondeur qui se rattachent par descoulées au lit changeant des rivières.

De l’entrée de la baie d’Amatique à celle de la baie de Chetumal , sur uuespace d’environ 250 kilomètres, la côte continentale, dans laquelle lesrivières ouvrent leurs embouchures, est bordée au large par une autre côte,celle du banc de récifs coralligènes, çà et là surmonté de caves, îles et îlotsboisés : les cordons de palétuviers se forment même sur un sol encoreimmergé. L’espace compris entre les deux côtes n’a pas moins de 50 kilo-mètres en largeur et, dans la plus grande partie de son étendue, est occupépar des bas-fonds n’ayant au-dessus d’eux qu’une épaisseur liquide dequelques mètres; cependant des chenaux sinueux, où les navires peu-vent du moins voguer à l’abri de la boule, s’ouvrent parallèlement à lacôte entre les massifs de coraux et fournissent au cabotage une pré-cieuse ligne de navigation intérieure. Vue du large, la chaîne des bri-sants qui sépare les lagunes côtières de la mer profonde paraît infran-chissable, et l’on ne peut en effet, môme avec les meilleures cartes, ypénétrer sans pilote. Cependant quelques-unes des brèches ont une grandeprofondeur d’eau : telle est celle de Belize , où l’on mouille par des fonds de14 à où mètres. D’autres ont si peu d’eau, que les pécheurs pourraient lespasser à gué : entre l’ile Ambergris, la plus longue des caves, et la côteferme du Yucatan , la coupure ne peut laisser passer que les barquesd’un tirant moindre de 70 centimètres. La baie de Chetumal , que l’Am-bergris sépare de la mer, présente le même phénomène que les deux baiesyucatèques del Espîritu Santo et de la Asencion, situées plus au nord;mais elle est bien autrement vaste : elle occupe une superficie d’un mil-lier de kilomètres carrés. Cet énorme bassin n’est, pour ainsi dire, qu’unlaboratoire de vie corallienne : les récifs en voie de formation y ont atteintune hauteur variable recouverte de 5 à 5 mètres d’eau en moyenne. C’està l’entrée de la passe qu’ils sont le plus élevés; ils ont crû plus lentementvers le fond des golfes et l’on y trouve des creux de 7 à 8 mètres. Lesbateaux à fond plat qui vont charger du bois aux embouchures des rivièresse hasardent seuls dans ce vaste golfe intérieur.

D est à remarquer que les deux côtes, celle de la terre ferme déjà con-solidée et la chaîne des caves, sont à peu près parallèles l’une à l’autre, etque cette dernière continue exactement la côte orientale du àueatan. Cen’est pas tout : la vallée que parcourt le rio Yiejo ou rivière de Belize , enamont de son grand coude, se prolonge au nord par des lagunes et par uneautre vallée, celle du rio Nuevo (Aew river), toutes disposées suivant lemême axe et formant avec la rive occidentale de la baie de Chetumal un