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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
les unes pacifiquement, les autres par la force, pour reconstituer l’unitépolitique. Les habitants de ces républiques fragmentées, si faibles encomparaison des grands États qui se disputent l’ascendant politique surles bords de la méditerranée américaine, se sentent humiliés de leur im-puissance et comptent faire meilleure ligure quand ils se présenteront enun corps de nation de plus de trois millions d’hommes.
Dès l’année 1879, la constitution du Guatemala prévoyait qu’unealliance politique intime se ferait tôt ou tard entre les diverses républiqueset promettait de maintenir et de cultiver avec elles les « relations defamille et de mutualité »; elle déclarait en outre le désir du peuple depouvoir s’incorporer de nouveau dans une nationalité plus vaste, celle del’Amérique Centrale : tout natif de l’une des républiques voisines devenaitde droit citoyen guatémaltèque dès qu’il en exprimait le désir. Il est vraique des préparatifs de guerre s’ajoutaient à tous ces actes législatifs de con-fraternité pour forcer les autres républiques à l’union si elles ne la réali-saient pas de plein gré. En 1886, une invitation du Guatemala provoquaitla réunion d’un congrès pour préparer une nouvelle fédération, et l’annéesuivante il était décidé que toute dispute entre ies Etats serait réglée désor-mais, non par la guerre, mais par l’arbitrage : pour ajouter l’exemple auprécepte, le Costa-Rica et le Nicaragua , qui se trouvaient alors en lutte pourune question de frontières, firent appel au jugement du président desÉtats-Unis . Enfin le congrès réuni en septembre 1889 dans la ville deSan-Salvador conclut un traité d’union entre tous les États, d’après lequelles cinq républiques se constituent en fédération, sous le nom de Centro-America , pour une durée provisoire de dix années. D’après ce projet offi-ciel, le noviciat doit prendre fin en 1900, époque à laquelle sera votée laconstitution définitive ; chaque année, les représentants des divers Étatsfédérés auront à se réunir dans l’une des cinq capitales, désignées succes-sivement par le sort. Les douanes sont abolies aux frontières respectives etles services publics, tels que postes et télégraphes, deviennent communs àl’ensemble de l’Amérique Centrale . Mais le pacte d’union était à peine signéque des ambitions déçues lui donnaient un cruel démenti en précipitantl’une contre l'autre les armées du Salvador et du Guatemala .
En parlant de la désunion des États isthmiques il est habituel d’enaccuser, bien à tort, l’esprit inquiet et batailleur des indigènes, comme s’ilsse plaisaient à guerroyer sans but. La géographie de la contrée donnepourtant une explication claire de ce fractionnement politique. Les pro-vinces pouvaient rester unies sous l’oppression commune, alors que lemonopole et l’inquisition tenaient tous les sujets en état de torpeur;