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mais des que l’inilialive locale put se réveiller, des populations aussi éloi-gnées les unes des autres que le sont les nations de l’Amérique Centrale ,alors dépourvues de toutes voies de communication rapides, ne pouvaients’accommoder d’un régime de centralisation à outrance : la constitution enEtals distincts devenait un phénomène inévitable; l’unité politique de com-munautés libres ne pouvait exister là où manquait toute unité géogra-phique. Les Altos du Guatemala et les plateaux qui les continuent au sud-est,les plaines fertiles du Salvador, les vallées du Honduras , la dépression quis’étend de la baie de Fonseca au lac de Nicaragua , enfin le plateau situé àmi-hauteur de la chaîne volcanique du Costa-Rica , sont autant de centresde vie indépendante n’ayant guère de relations naturelles les uns avec lesautres.
La longueur même de l’Amérique Centrale , qui se développe sur unespace d’environ 1200 kilomètres et ne présente qu’une faible largeurmoyenne, semblait indiquer d’avance qu’il y aurait rupture entre les diverséléments ethniques de la région. Mais la zone de population est encorebeaucoup plus étroite que le ruban des terres : car les habitants civilisés,espagnols ou métis, se sont presque tous établis le long de la côte du Paci-lique, tandis que, sur le versant opposé, les bassins des grands fleuves gua-témaltèques, les forêts septentrionales du Honduras , les vallées presqueinexplorées de la Mosquitie sont, pour ainsi dire, des contrées désertes et lestribus clairsemées qui s’y trouvent sont encore à demi sauvages. La popu-lation civilisée, celle qui s’est constituée en Etats républicains, ne formedonc qu’un mince cordon de villes et de villages dans la terre, si étroitedéjà, de l’Amérique Centrale . Ce contraste ethnique entre les deux versantsmaritimes s’explique en grande partie par l’opposition du sol et des cli-mats : c’est dans la zone voisine de la mer du Sud que se trouvent lesterres les plus fertiles et les moins humides, celles qui offrent une alter-nance plus régulière entre la saison sèche et la saison des pluies. Mais ilest aussi d’autres causes à celte dépopulation relative des côtes atlantiques.Colomb le premier y enleva des hommes, et, suivant son exemple, les plan-teurs des Antilles vinrent s’y approvisionner d’esclaves. Toute la zone desterrains accessible par la mer et par les fleuves fut dévastée et les popula-tions riveraines qui purent échapper aux traitants s’enfuirent au loin dansl’intérieur. De leur côté, des colons espagnols ne pouvaient établir descomptoirs de commerce et des plantations en un pays sans habitants, sansculture. Cependant il leur fallait à tout prix des postes fortifiés pour main-tenir les communications avec la mère patrie; mais lorsque les pirates et lescorsaires de diverses nations succédèrent aux Espagnols dans la domination