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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

5 H

fus et de Mont-Serrat en firent l’ascension, le cratère n’était qu’une« tasse » rouge d’environ 800 mètres de tour et de 50 mètres en pro-fondeur, formant un segment sphérique parfaitement régulier. Sur lapente méridionale du volcan d’Atitlan, qui se confond avec le versantmême du plateau, s’ouvre une des plus formidables barranques duGuatemala , creusée par les eaux dans les amas de cendres jusqu’à laroche vive.

Les volcans les plus fameux de la contrée sont ceux qui dominent lapartie centrale du plateau, dans le voisinage des capitales successives duGuatemala. Lorsque de la gracieuse ville d’Antigua , entourée de jardins, onregarde au sud, dans la magnifique avenue de plaines cultivées où les talusdes montagnes entre-croisent leurs dernières déclivités, le ciel est limité depart et d’autre par le profil harmonieux des monts qui s’élèvent à deuxmille mètres plus haut : d’un côté la chaîne qui se termine par le vol-can de Fuego ou du « Feu », de l’autre la montagne de Agua ou de1’ « Eau ». La chaîne de l’est, où brûle encore un piton, n’est elle-mêmeen réalité qu’une seule protubérance, au sommet de laquelle se sont dressésplusieurs cônes d’éruption. Dollfus et de Mont-Serrat n’en comptent pasmoins de neuf, alignés dans la direction du nord au sud. Tous les cratèresseptentrionaux sont éteints et recouverts de végétation, même les plus hautsd’entre eux, ceux du volcan d’Acatenango, appelé aussi Pico Mayor ouPadre del Volcan, parce qu’il s’élève en effet à une plus grande hauteur(4150 mètres) que le volcan du Feu; c’est même la montagne culminantede toute l’Amérique Centrale . En 1868, un seul "ravisseur, AVyld deDuenas, en avait escaladé la cime; il n’y vit que trois cavités terminalespresque oblitérées, mais l’une d’elles était encore percée d’une crevasse d’oùs’échappaient des gaz sulfureux. Une profonde ravine s’ouvre au sud duvolcan d’Acalenango et le sépare du groupe méridional. Un premier cratère,de dimensions énormes, mais égueulé dans sa partie méridionale, forme laMeseta, principal contrefort de ce groupe, puis vient le volcan de Fuego(4001 mètres), dont le cône suprême, gravi la première fois en 1860par MM. Schneider et Beschor, se termine par une étroite coupe d’envi-ron 25 mètres en profondeur ; immédiatement au sud s’ouvre ungouffre formidable presque exactement circulaire, qui n’a pas moins de600 mètres, soit 200 mètres de plus que le diamètre. C’est un entonnoiraboutissant à un puits vertical : il n’est pas dans l'Amérique Centrale d’abîme plus effrayant. Le volcan du Feu était en pleine éruption lors del’arrivée des Espagnols dans le pays, et la terreur qu’il inspirait aux Indiensprouve que d’autres poussées de laves avaient eu lieu précédemment. De-