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Livre XVII. Indes occidentales.
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MO.NTAGNES DU GUATEMALA .

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le volcan méridional, dit de Santa-Maria, dont on aperçoit delà mer le cônesuperbe (5f)00 mètres) raccordant harmonieusement ses pentes à celles dela sierra, est un des monts les plus majestueux du Guatemala : commele monticule du nord, il est éteint depuis une époque immémoriale et desforets touffues en recouvrent les (tentes et le cratère. Dans la plupart desgroupes éruptifs de l’Amérique Centrale , ce sont les volcans méridionauxqui gardent le (tins longtemps leur activité, mais dans ce massif il en estautrement : c’est 1. montagne du milieu, le cerro Ouemado ou « montBrûlé », appelé aussi volcan de Quezaltenango , qui est encore dans la pé-riode d’éruption. Moins élevé que le pic de Santa-Maria, le cerro Quemado(5110 mètres) ne présente aucunement l’aspect classique d’un volcan :la cause en est sans doute à la dernière grande éruption, celle de 1785.qui détruisit tout le cône terminal de la montagne en laissant à la placedu cratère une vaste plaine irrégulière, couverte d’un chaos de blocs, entrelesquels jaillissent des fumerolles. De mont Brûlé- n’ayant eu, depuis celteexplosion, aucune éruption de cendres, le cône, avec son profil normal detalus circulaires, n’a pu se reconstruire*.

A l’est du cerro Ouemado, de l’autre côté de la gorge profonde danslaquelle coule la rivière Samalô, s’élève une autre montagne dite « volcan »par les indigènes : c’est le Zunil. Cependant toute éruption de ce massifest oubliée et nul voyageur n’a encore découvert dans ses épaisses forêtsl’endroit d’où s’échappaient les laves : comme les sommets des alentours,c’est une montagne de porphyre trachytique. Mais à une trentaine de kilo-mètres au delà, sur le prolongement de l’axe des foyers éruptifs, le volcanéteint de San-Pcdro (2500 mètres) élève sa pyramide près de l’angle sud-occidental du lac d'Atitlan, et à 15 kilomètres plus loin s’alignent, du nordau sud, traversalement à l’axe de la chaîne, trois autres volcans soudés parla base. Ceux du nord, hauts de 5000 mètres environ, n’ont que de petitscratères envahis par la végétation : c’est dans le haut volcan du sud(5572 mètres) généralement désigné sous le nom de volcan d’Atitlan, quese manifeste encore l’activité du foyer souterrain. Il brûlait à l’époquede la conquête, et quand les Indiens en entendaient le mugissementintérieur, prolongé comme un appel, ils jetaient une jeune vierge dansle cratère pour conjurer le monstre caché 2 . Le volcan était encore actifen 1828, en 1855, et depuis celte époque les crevasses de la cime onttoujours lancé des vapeurs en abondance. En 1866, lorsque MM. Doll-

1 A. Dollfus et E. de Mont-Serrat. mm-age cité.i Yim Scherzer, Dns Tropisrhe Amerirn.