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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Rico. Le Suchitepeque aurait eu une violente éruption avant l’arrivée desEspagnols , signalée par de grandes coulées de laves qui s’épanchaient detous les côtés autour du volcan. Près de la frontière, le Chingo, dont lecône admirablement symétrique se dresse à 2000 mètres, sur le prolonge-ment de la grande chaîne, est la borne terminale des volcans guatémal-tèques. On le dit complètement éteint; cependant Dollfus et de Mont-Serral crurent voir quelques fumées s’élever de sa pointe; d’après les indi-gènes, le Chingo aurait, comme l’Ipala, un lac dans son cratère. C’est unfait remarquable que les tremblements de terre, ces phénomènes si fré-quents et si redoutés au Guatemala , se propagent d’ordinaire dans ladirection du sud-ouest au nord-est, c’est-à-dire perpendiculairement à l'axemajeur des volcans et parallèlement à l’axe transversal suivant lequel s’estaligné le chaînon de l’Ipala 1 .
Au nord du plateau guatémaltèque , les terrains, découpés par les rivièresen de nombreux massifs, offrent en maints endroits un aspect chaotique,notamment vers les sources divergentes du Motogua, de l’Usumacinta et duGrijalva, avec leurs mille affluents. Les montagnes constituent dans cetterégion un nœud central d’où rayonnent des saillies élevées : la plus hauteest probablement celle qui se dirige au nord de Iluehuelenango, vers l’Etatmexicain de Tabasco; on la connaît sous divers noms, entre autres celuid’Altos Cuchumatanes, mais d’ordinaire on l’appelle Sierra Madré, bienqu’elle soit séparée des autres chaînes du Guatemala par la profondevallée de lTsumacinla. A l’est de ce puissant cours d’eau, les arêtes desmonts se prolongent pour la plupart dans la direction de l’ouest à l’est,en s’abaissant graduellement : dans l’ensemble, tout ce versant atlantiquedu Guatemala , limité au sud par le haut rempart de la chaîne maîtresse,peut être comparé à une mer qui se brise en vagues parallèles.
Une de ces grandes crêtes, formée de micaschistes, se développe au norddu Molagua; son nom de sierra de las Minas, dû à ses gisements auri-fères, se change plus loin en celui de sierra del Mico, ou « chaîne duSinge», et va mourir au bord de la mer, entre le Golfete et la baie deSanto-Tomas, en se redressant par une montagne conique, le cerro de San-(îil, que les indigènes disent être un « volcan : à l’endroit où la rouletraverse la chaîne, à une centaine de kilomètres de son extrémité orientale,son altitude est d’un millier de mètres. La crête qui se profile au nordde la rivière Polochic prend le nom de sierra Cahabon dans le département
1 Dollfus et de Mont-Serrat, ouvrage cité.
s G. ISernouilli, Mittheilungen von Petcrmami, 1875, lleft IX; •— Dollfus et de Mont-Serrat,