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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
géant du Guatemala est, comme dans le Tabasco, le ceiba ou bombax pyra-midal : dans le voisinage de leurs bourgades, les Indiens des plateaux etdes pentes ont l’habitude de laisser un grand espace vide autour du ceibapour qu’il développe plus largement son branchage et que l’arbre au tronclisse et brillant règne d’une manière plus superbe sur le peuple respectueuxqui s’assemble à son pied. Comme dans le Mexique du midi, des lianesrecouvrent d’arbre en arbre la surface mouvante de la forêt : du haut d’unrocher on peut voir des réseaux d'antigona cinerescens ' _ "immenseétendue verte de leur filet d’un rose écarlate. Dans le Yera-Paz on se sertpour les clôtures d’une ortie arborescente dont les troncs à croissancerapide se joignent et se soudent, de manière à former des espèces de mu-railles grises, tapissées de mousses et de fougères, entremêlées aux largesfeuilles de la plante. Les forêts des terres chaudes, près de Ratalhuleu, etcelles du Polochic sont devenues fameuses par leurs magnifiques orchidées.Une des espèces végétales du Guatemala est bien connue des Indiens par lachaleur que dégage sa fleur au moment de la fécondation : de là le nomde flor de la calentura ou « fleur de la fièvre » que lui ont donné lesEspagnols. Sur les troncs de vieux arbres, dans la zone volcanique, onremarque souvent des excroissances épanouies symétriquement en formede rose ou de tulipe, qui portent dans le pays le nom de /lares de paloou « fleurs de bois » '.
Le tapir, le sanglier pécari et quelques autres mammifères vivent aussidans les forêts du Guatemala ; on n’y a découvert d’espèces nouvellesque dans les ordres inférieurs d’animaux. Le crocodile et divers poissonsdu lac Pelén, au nombre d’une trentaine, n’étaient point connus avant levoyage de Morelet. On a trouvé dans le pays une espèce de serpent tri-gonocéphale qui complète la série de ces dangereux ophidiens, entre lesGuyanes et la Caroline du sud . Le pays de Yera-Paz est une terre de pro-mission pour les ornithologistes : c’est là que l’on rencontre encore lemerveilleux gallinacé quezal ou « couroucou resplendissant » (trogon pavo-rinus ou pharomacrus paradisem). Le mâle a le plumage soyeux, d’unvert d’émeraude, glacé d’or sur le dos, et d’une belle couleur pourpre surle ventre; sa queue n’a guère moins d’un mètre de long : la républiquede Guatemala a fait choix de cet oiseau connue figure de son blason. Dutemps des Aztèques on ne tuait pas l’animal, mais après l’avoir pris aupiège on lui arrachait les pennes, qui servaient à faire de magnifiques man-teaux 8 ; maintenant on ne procède pas avec la même prévoyance à l’égard
- Arthur Morelet, Utto Stoll, ouvrages cités.