Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
374
JPEG-Download
 

37i

NOUVELLE GÉOGRAPI1IE UNIVERSELLE.

leurs cheveux par derrière eu une queue qui flolle sur le dos, attachéepar un ruban rouge.

La géophagie est une habitude très répandue chez les Indiens du Guate-mala . La terre comestible est une cendre volcanique d’un gris jaune etd’une forte odeur que l’on emploie comme assaisonnement : le Popol-Vuhparle déjà de cet usage en décrivant le repas de deux magiciens. Desfidèles qui vont en pèlerinage mangent aussi des figurines en terre qu’ilsrapportent du saint lieu et qui doivent les guérir de toutes les maladies.Ce goût dépravé n’est dangereux que chez les enfants et les adultes, sur-tout les femmes, qui mangent avec passion de la craie, des plâtras, de labrique pilée : Gage connaissait des dames créoles qui mangeaient de laterre « à pleines mains » pour s’éclaircir le visage. La phtisie est uneaffection commune, même sur les plateaux, malgré le « printemps éternel »de ces régions à température égale ; les tourbillons de poussière que sou-lève le moindre vent sur les terrains formés de cendre peuvent être unedes causes aggravantes des maladies pulmonaires. L’affection qui fait leplus grand nombre de victimes est la variole. La tina, c’est-à-dire le ba-riolage de la peau, est commune chez les Guatémaltèques, principalementdans l’ouest de la contrée, mais celte maladie bizarre est plus rarequ’au Mexique : d’après M. Stoll, qui est médecin, les Indiens purs en sontplus fréquemment atteints que les métis. Le goitre est endémique danscertaines vallées rapprochées du grand Océan, des Altos au Nicaragua , etse transmet de génération en génération, sans distinction de races, et sou-vent compliqué de crétinisme. Les indigènes vieillissent rapidement, sansdoute à cause de l’extrême monotonie de leur existence, qui n’alimentejamais la curiosité, ne donne à la pensée aucun élément de renouveau. Arri-vés à l’âge de trente ans, qu’ont-ils encore à apprendre 1 ?

Les demeures actuelles des indigènes sont dans les campagnes et lesvillages ce qu’elles étaient avant les temps de la conquête, des maisonnettesà parois d’argile couvertes en feuilles ou en roseaux. Même des bourgadesconsidérables se composent uniquement de ce genre de constructions, àl’exception de l’église et du « palais » municipal. Jadis les Indiens vivaientpour la plupart isolés les uns des autres, chaque famille près de sa inilpaou champ de maïs. Nulle part les maisons ne se groupaient en village,seulement quelques places fortes où se tenaient les chefs et les guerrierss’élevaient en de rares endroits. Lorsque les Espagnols devinrent les maîtresdu pays, ils s’empressèrent de réunir autour d’eux dans les haciendas les

1 Jagor von Sievers, Guatr.nnln.