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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

sur les hauteurs environnantes et dans les plaines, les ruines des édificescouvrent une immense étendue, en grande partie reconquise par la cul-ture : le maïs pousse entre les pierres. Les fouilles qu’on y a faites àdiverses reprises ont révélé des statues, des bas-reliefs et de nombreuxornements. Au sud-est, sur le rebord du plateau, s’élève le bourg salubrede San-Tomas Chichicastenango, encore habité par les descendants dei’ancienne noblesse quiebé : le dominicain Ximenez y a fait une trou-vaille heureuse, le « livre des Mythes » ou Popol-Ytth.

A l’ouest de Quiché , les sources maîtresses du Motagua s’entremêlentavec celles de l’Usumacinla dans le département de lluehuetenango, l’undes moins populeux de la République . lluehuetenango (Gueguetenango) oula « Cité des Anciens » a également remplacé une ville antique des Indiens,Zakuleu ou « Terre Blanche », que l’on dit avoir été la capitale des Manié.La ville moderne est située dans les terres tempérées, produisant les fruitsd’Europe et ceux des tropiques : la rivière qui arrose ses campagnes des-cend au nord-ouest pour aller se joindre au Grijalva. Dans le voisinageest le bourg prospère de Chiantla, dont le couvent était jadis un des plussomptueux du .Nouveau Monde, grâce aux présents que la foule des pèle-rins, moins nombreuse maintenant, y apportait chaque année. Des minesde plomb argentifère, jadis exploitées, contribuaient aussi à l’opulence desmoines dominicains de ce district. D’autres richesses minérales étaient uti-lisées, celles des sources salines d’Ixtatan, qui jaillissent non loin de lafrontière mexicaine : elles fournissaient un sel très lin, que les indigènesportaient à Quezaltenango.

Sur le haut rio Chixoy, qui est le cours supérieur de l’üsumacinta, iln’existe qu’une ville, Sacapulas, peuplée d’indiens Quiché , bâtie à1166 mètres sur un mamelon de la rive droite du fleuve, à une petite dis-tance en aval de la jonction du rio Negro et du rio Blanco. Immédiatementau-dessous de la ville, de nombreuses sources thermales s’épanchent direc-tement du granit, présentant une température qui varie, suivant les sources,de 40 à 70 degrés centigrades. L’eau en est à la fois salée et amère, rap-pelant celle de la mer par le goût, ce qui est dû à la présence simultanée duchlorure de sodium et du sulfate de magnésie. D’autres sources, cou-lant plus à l’est, sont moins fortement salines; cependant les indigènesen ont fait choix pour la fabrication du sel. Ils ont creusé dans le sablede la plaine de petits compartiments dans lesquels ils amènent l’eauen minces couches qui s’évaporent sous les rayons du soleil ' : c’est

1 CR. Brasseur de Bourbourg, Histoire des nations civilisées du Mexique , tome II.