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Livre XVII. Indes occidentales.
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RETALIIL LEL . CIIAMPERICO, TOTOMCAPAM, QUICHÉ.

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descendent des « caciques » de Tlaxcala , qui accompagnèrent Alvarado pen-dant la conquête, et qui, en échange de leurs services, furent gratifiés deprivilèges nobiliaires, entre autres de l’exemption des impôts * ; les meil-leures constructions de la ville appartiennent à ces Tlaxcalans. Toto-nicapam est, comme la capitale voisine, une ville industrielle et l’on yfabrique des draps, des poteries, des meubles, des guitares, des marim-bas et autres instruments de musique. Deux lois par semaine, la fouledes campagnards indiens se presse sur la place du marché. Le villageladino de Sahcaja, à quelques kilomètres au sud-ouest, n’a plus grandeimportance aujourd’hui, mais il a un nom dans l’histoire, car ce fut Lepremier établissement fondé en 1524 par Alvarado, et son église, consa-crée à la Vierge Victorieuse, devint un lieu de pèlerinage fameux. La’es habitants de Sahcaja émigrèrent ensuite à Quezaltenango . Entreles deux villes il faut traverser le ruisseau d’Olintepeque, appelé par lesindigènes Xiquigil ou « Rivière du Sang » depuis qu’il roula le sang demilliers de Quiché massacrés par Alvarado dans la bataille décisive qui luidonna l’empire.

Une autre ville historique est celle de Santa-Cruz Quiché, ou simplementQuiché , qui porte encore le nom de la nation dont elle fut la capitale, maisqui n’a guère pour habitants que des ladinos. Elle est située (1887 mètres)à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Totonicapam, dans uneplaine de la terre tempérée où coule un des premiers affluents du rioGrande de Motagua. Mais autour de la plaine s’ouvrent de profondes bar-ranques séparant les terrasses qui portaient les constructions d’Utatlan ou« Gerbiers de Maïs »\ résidence des anciens rois quiché. Environnéede précipices, dont celui du sud a 400 mètres en profondeur, la terrassede l’acropole est presque unie sur 400 à 500 mètres dans tous les sens etse rattache aux terres avoisinantes par un chemin vertigineux que défen-daient des châteaux forts". Le palais d’Utatlan, aussi vaste que celui deMontézuma, disent les chroniqueurs, aurait été assez grand pour contenirtout un peuple de femmes, de domestiques, de soldats; l'école renfermaitplus de cinq mille enfants élevés aux frais du souverain, et lorsque celui-ciréunit ses troupes sur la place pour s’opposer à la marche des Espagnols,il y aurait passé en revue 72 000 combattants. La pyramide désignée sous lenom de Sacrificatorio présente encore un contour assez régulier et desrestes de degrés. Eu dehors de l’acropole, sur les versants des collines,

1 Domingo Juarros, ouvrage cité.

- Torquemaila : I'uenles ; Juarros; etc.

3 César et Marcel Dalv, Congrès îles Américanistes, tenu à Paris en 1890.