NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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Guatemala , sous de magnifiques ombrages et à l’issue d’une ravine escar-pée qui descend au Motagua, entre deux talus de sables volcaniques, estaussi très fréquenté depuis quelques années. Les poteries de Cbinautlasont réputées comme les plus solides et les plus élégantes du Guatemala ;l’industrie spéciale des gens de Pinula est la fabrication des chapeaux enfibres de la palma real ; Palin, la ville où se bifurque l’embranchementde la Antigua, fournit de ses meilleurs ananas le marché de la capitale. Ausud, Guarda-Yiejo, faubourg avancé qui se rattache à Guatemala par unevoie ferrée, est le carrefour des roules se dirigeant vers le Pacifique : desbuttes funéraires parsèment cette partie du plateau.
he chemin de fer qui descend de Guatemala s’écarte de la vallée de laAntigua pour se diriger au sud vers le lac d’Amalitlan, qu’il contourneà l’ouest. La ville d’Amalitlan, située sur la rivière Micbatoya, à l’endroit oùelle s’échappe du bassin lacustre, fut jadis une grande hacienda de moinesdominicains, dont les propriétés divisées sont devenues un immense jar-din. Un ceiba superbe étend son branchage au-dessus de la place dumarché. A l’époque où la cochenille se vendait à un prix très élevé, Ama-titlan était le centre de la culture du nopal et sa population s’accroissaitrapidement; 13000 habitants s’y pressaient en 1803. La ruine des anciensprocédés de teinture a été fatale à ce district : on a remplacé, il est vrai,le nopal par le cafier, mais les terres argileuses d’Ainatillan ne convien-nent pas aussi bien à cet arbuste ([ue ceux des autres districts agricolesdes terres tempérées. Les esclaves noirs étaient nombreux dans les plan-tations des dominicains : on s’en aperçoit à la vue des indigènes, trèsremarquables par leur vigueur musculaire. Les eaux cl les alluvions dulac recouvrent des vases et autres objets archéologiques d’un précieuxtravail, restes de l’industrie des Pokoman 1 .
Kscuintla, l’ancienne Itzcuintlan des Aiahua, est la principale stationentre Ainatitlan et la mer : avant la conquête espagnole, ce fut une capitaledelà nation des Pipil . Située à 44t2 mètres seulement au-dessus du niveaude la mer, elle est déjà dans la « terre chaude » et la végétation, qui croîtdans le sol volcanique bien arrosé que domine le cône de Agua, est admi-rable de puissance. Avant la construction du chemin de fer, les riches habi-tants de Guatemala descendaient pour la plupart à Kscuintla pendant lesmois d’hiver, de décembre en février, pour y jouir d’une température plusdouce que celle des plateaux : chaque famille avait sa maisonnette où ellepassait la temporada, sous les ombrages, au bord des ruisseaux ileuris.