NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Ce n’est là d’ailleurs qu’une bien faible restitution pour les terres dontles indigènes ont été frustrés. Ae s’étant jamais donné la peine d’acquérirdes litres, dont leurs ancêtres n’avaient eu nul besoin pour cultiverleurs milpas, ils se trouvaient à la merci de tout spéculateur qui pouvaità son aise « dénoncer » la terre de l’Indien comme étant sans possesseuret se la faire concéder par le gouvernement'. Actuellement, de vastes ter-ritoires sont encore inoccupés ( Ixtldios ) et par conséquent appartiennent àl’État, qui les concède, les vend ou les loue à son gré ; mais cette partie dela fortune nationale est très menacée. Une forte proportion de ce domaineest déjà devenue la propriété de personnages pour lesquels le « dévouementaux intérêts du pays » signifiait avant tout l’accaparement de la fortunepublique. Afin de sauvegarder le reste des terres vacantes, il a élé décidei[ue les concessions, gratuites ou conditionnelles, pour la culture ou l’élèvedu bétail, ne dépasseront pas la superficie, énorme déjà, de 1550 hectarespour une seule personne. En outre, le concessionnaire doit être citoyenguatémaltèque , natif ou naturalisé, et pouvoir fournir sur demande sestitres de propriété, sous peine de confiscation. D’après un récent décret,les étrangers ayant travaillé pendant une année à la construction des che-mins de fer auront droit à la propriété d’un « quart de caballcria », soit à11 hectares et k 25 ares de terrain, dans l’une des provinces presque désertesdu nord.
Ue Guatemala, comparé au Mexique , est une contrée fort pauvre en gise-ments miniers. Cependant le littoral atlantique, dans le voisinage d’Izahal,était, dit-on, d’une très grande richesse en veines aurifères; de là le nomde « côte de l’Or » qu’on lui donne fréquemment dans les documents dudix-septième siècle. Les résidents espagnols du Guatemala n’exploitaientpoint ces trésors et les seuls mineurs y furent des Anglais , qui en retirè-rent, dit la tradition, assez de métal « pour acheter un royaume d’Espagne ».Afin d’empêcher la venue des étrangers, le gouvernement espagnol mitl’interdit sur le travail des mines, et peine de mort fut prononcée contretout étranger qui fouillerait le sol*. Dans les derniers temps, d’autres étran-gers, des mineurs américains, ont parcouru cette « côte de l’Or » etreconnu en effet l’existence du précieux métal dans les alluvions des ri-vières, mais on évalue seulement à 150000 francs par an la valeur duminerai qu’ils retirent annuellement de celte exploitation. Sur les plateauxde Iluehuetenango, il existe aussi des mines de vif-argent, cardes Indiens