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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
que deux voies ferrées de quelque importance, celle de San-José à Gua-temala et de Champerico à Relalhuleu : il est vrai que la première deces lignes doit gravir des rampes difficiles et s’élever sur le plateau, à l’alti-tude de 1500 mètres. L’œuvre indispensable pour le Guatemala est de con-tinuer le chemin de fer jusqu’à l’Atlantique, afin de relier ainsi mer à meret de se trouver en communication pour le trafic aussi bien avec New-York ,Londres et Bordeaux qu’avec San-Francisco et Melbourne . G’est du Puerto-Barrios, sur la baie de Santo-Tomas, que l’on a fait choix pour point ter-minal de la ligne transocéanique, et l’on a même construit quelques kilo-mètres de la voie près de ce havre excellent; mais la descente du plateau,la traversée du Motagua et autres œuvres difficiles de ce chemin de fer,évalué à 299 kilomètres de long, attendent encore la main de l’ingénieur’.Les bonnes routes carrossables et les ponts sont aussi fort rares : le seulpont qui existât sur le rio Grande de Motagua a été emporté par une crue ;il est remplacé par une garucha, chaise glissante où se met le voyageur etqui descend au moyen d’une poulie roulant sur une corde tendue au traversdu fleuve.
C’est à dos de mulets que doivent être transportées toutes les marchan-dises expédiées de Guatemala vers l’Atlantique : du moins la route, quinaguère était une succession de ravines et de fondrières périlleuses,a-t-elle été réparée et fou peut s’y hasarder sans craindre de rester enroute. Autrefois les caravanes de marchands étaient exposées à perdretoutes leurs bêtes de somme pendant ce voyage, qui durait parfois deux etmême trois mois. Dans les régions presque désertes de l’intérieur, où lesvillages sont très clairsemés, le service postal se fait encore, comme auxtemps de Montezuma, par des coureurs qui vont de relais en relais, se trans-mettant de l’un à l’autre la lettre ou la nouvelle verbale : ce mode d’expédi-tion est connu sous le nom de cordillera, c’est la « cordelette », le fil quirattache au réseau postal régulièrement organisé les extrémités lointainesde la République . La rapidité de la transmission est très grande : malgréle mauvais état des chemins, malgré les montées et les descentes sur unsol rocailleux ou dans les tourbillons de poussière, la moyenne du par-cours journalier est d’environ 90 kilomètres 5 . Mais l’extension croissantedu réseau télégraphique et même téléphonique aura pour conséquenceprochaine la suppression de la cordelette : en 1888, les fils de com-munication atteignaient déjà Cohan et l’on s’occupait de les prolonger vers