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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
III
SALVADOR.
La plus petite des républiques centro-américaines, le Salvador , est eurevanche de beaucoup la plus riche et la plus peuplée eu proportion de sonétendue. Sa superficie est évaluée seulement à 1 8 720 kilomètres carrés,soit environ la valeur de trois départements français; elle n’égale pas mêmecelle du Honduras Britannique, mais sa population est au moins vingt foisplus considérable. Le Salvador jouit également, comparé au Guatemala par exemple, d’un très grand privilège, celui de constituer une nationbeaucoup plus homogène, et dans la guerre récente le petit peuple a pusoutenir la lutte sans trop de désavantage. Les Indiens sont plus assimilésaux ladinos policés, et l’on n’a pas à craindre de voir les dissensions civilesde ce pays dégénérer en guerres de races.
Le Salvador n’est qu’une zone assez étroite, de forme quadrilatérale,longeant les eaux du Pacifique et n’occupant qu’une partie du versantméridional d’une chaîne médiane, dont le Honduras possède l’autre ver-sant, de beaucoup plus étendu : la largeur moyenne du Salvador , dunord au sud, ne dépasse pas 80 kilomètres, sur une longueur développéede près de 500 kilomètres. Presque tout le pourtour terrestre du pays n’aque des frontières purement conventionnelles, ou indiquées seulementpar des cours d’eau dont les deux bords sont habités par des populationsde même origine. l)u côté tourné vers le Guatemala , la ligne de partagesuit, on le sait, le cours de la petite rivière Paza, puis, contournant levolcan de Chingo, coupe le lac de Giiija, et se recourbe vers l’est pouriormer la limite au sud du Honduras , en traversant montagnes et vallées.Dans ce faible parcours les domaines ethniques ne sont pas plus respectésque les traits naturels : la frontière coupe les territoires des Pupuluca, desPipil , des Pokoman. Au nord, ce n’est point la crête de la sierra quiindique la séparation des deux États : on a fait choix de la rivière Sumpul,affluent du rio Lempa, de ce fleuve lui-même en aval du confluent, puisd’une autre rivière du même bassin. A l’est, le Goascoran borne la Répu-blique et ne laisse à celle-ci qu’une faible partie du littoral de la baie deFonseca.
La chaîne maîtresse et celle des volcans, qui s’étaient déjà bifurquésdans le Guatemala , se développent à une distance considérable l’une del’autre sur leur prolongement oriental. La première élève tous ses pics dans