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Livre XVII. Indes occidentales.
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LAC ILOPAXGO.

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jeter par une profonde barranque dans la rivière Jihoa, tributaire direet duPacifique, fut retenu dans son cours et, refluant dans le bassin, en exhaussaconsidérablement le niveau. En 1875, le lac s’agita avec violence et s’é-leva de près d’un mètre au-dessus de l’altitude ordinaire; on le vit bouil-lonner çà et là et des mugissements montèrent des profondeurs. En 1879,le mouvement des eaux lacustres recommença et des vapeurs s’échappè-rent, le lac reprit son mouvement de crue, il atteignit l'“.22 au-dessus del’ancien rivage; puis soudain, les eaux débordées, passant avec violenceau-dessus du seuil de sortie, y creusèrent rapidement une tranchée, et lelac se mit à décroître. En trois heures, son niveau baissa de 2 ra ,50; en54 jours, la dénivellation totale atteignait 10 ra ,49 et le volume de l’eauvidée dépassa 655 millions de mètres cubes* ; le courant roula 1277 mètrespar seconde, plus d’eau que la Garonne ou la Loire . Des troncs d’arbres,recouverts d’une épaisse couche calcaire, qui, à une époque antérieure,avaient échoué sur le rivage, émergèrent de nouveau; de petites îles,jadis éloignées de la côte, se rattachèrent en promontoires au rivage. Ason niveau le plus bas, le lac baissa de 55 mètres 5 . Aux éruptions de gaznauséabonds qui s’étaient d’abord échappés du milieu des eaux avaientsuccédé des laves et l’on voyait des îlots de laves et de cendres s’éleverpeu à peu au-dessus de la nappe bouillonnante; à la lin il ne resta plusqu’un monticule de lave dure, se dressant à 50 mètres; dans le voisi-nage immédiat de ce rocher, la sonde mesura 209 mètres. Pendant lapériode d’éruption le géologue Goodyear ne compta pas moins de 440 fortessecousses. On dit qu’autrefois le lac d’Ilopango, « dévasté par le monstre »,ne nourrissait pas de poissons, mais les colons l’eurent rapidement peuplé.Lors de la naissance du volcan insulaire, les gaz sulfureux et la chaleurfirent périr les millions d’êtres organisés qui vinrent s’échouer sur lesrives inondées : pour éviter la peste, il fallut employer des centainesd’hommes, jour et nuit, à enfouir la masse des chairs corrompues. Quandle lac commença de se vider, on vit des pêcheurs se précipiter versle rivage en criant : « Oh! reste, notre mère, ne t’enfuis pas r ’! »

Au nord-est du lac Ilopango s’élèvent les contreforts du volcan de Coju-tepeque (1055 mètres) qui n’a point eu d’éruption depuis les temps histo-riques, mais dont on voit encore le petit cratère régulier. Plus loin, sedresse un autre volcan, le plus haut du Salvador (2400 mètres), que lesindigènes appelaient le Chichontepec ou « mont à Deux Pics » et qui a reçu

1 Ortega. Iiockstrnh. Informe de la Collusion cienlifica del Instiluto nacionc.l de Guatemala.

4 David J. Guzman, ouvrage cité.

3 Ortega Knckstroli, mémoire cité.

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