4oô
La forme du Honduras est la contre-partie de celle du Guatemala : lesdeux Etats sont disposés en triangle, mais l’un a pour base le littoral duPacifique et pour sommet une étroite lisière riveraine sur une baie de l’Atlan-tique, tandis que l’autre a son large développement côtier sur cet Océan etse termine sur la mer du Sud par un faisceau resserré de péninsules etd’ilots occupant le fond d’un golfe. D’ailleurs les limites de l’État sont,dans presque tout leur développement, indiquées non par des lignes géomé-triques de pure convention, mais par des traits de la nature, fleuves etmontagnes. Au nord-ouest, le pays est séparé du Guatemala par unefrontière sinueuse qui attribue, il est vrai, au Honduras la vallée guatémal-tèque de Copan, mais qui coïncide d’une manière générale avec les crêtesdes montagnes de .Merendon, de Esplritu-Santo, de Grita, et va se terminerpar le cours du petit rio Tinto à l’une des baies secondaires du golfe deHonduras. La frontière commune du Salvador et du Honduras est, on lesait, formée surtout par des cours de rivières, le Sumpul, le Lempa, leTorola, le Goascoran ; enfin, du côté du Nicaragua , la limite est marquée,sur le versant de la baie de Fonseca, par le petit rio Negro ; puis un massifconsidérable de montagnes, la cordillère de Dipillo, constitue à la fois unebarrière politique et une ligne de partage des eaux entre le bassin du Cho-luteca, qui descend à la mer du Sud, et celui de l’Ocotal, qui, par le Segovia ,coule vers l’Atlantique. Ce dernier fleuve est ordinairement considérécomme appartenant à la fois aux deux républiques limitrophes; toutefois leHonduras ne dépassait pas la rivière Paluea sous le régime espagnol , et lacommission internationale nommée en 1870 proposa pour frontière uneligne qui, en partant de la crête de Dipilto, suivrait le faîte de partage desfleuvesPatuca et Segovia pour aboutir au cabo Falso ou «Faux Cap », entrela lagune de Caratasca et le « vrai cap » Gracias-à-Dios '. Ce projet ne futpas ratifié par les Congrès respectifs.
L’intérieur du Honduras , à distance des villes et des routes fréquentées,est encore bien imparfaitement connu, et mainte découverte y reste à faire.On peut dire d’une manière générale que la coytrée, divisée en deux ver-sants très inégaux, limités par la crête d’une sierra madré, se développeparallèlement au littoral du Pacifique , à une distance moyenne d’environcent kilomètres. Cette « chaîne mère » est beaucoup plus abrupte du côtéméridional, tourné vers le grand Océan, que sur sa contre-pente, regardantla mer des Antilles : la déclivité du sud doit être plutôt considérée comme leversant d’une haute terre, d’un plateau découpé par les rivières en massifs