Pl'ERTO-CORTÈS, TRUXILLO, JUTIGALPA.
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tout à fait inaccessible aux vents; mais cet avantage est chèrement achetépar l’infection de l’air. L’atmosphère stagnante devient si funeste, que, enl’espace de quelques jours, les nouveau-venus sont attaqués de fièvrespernicieuses et succombent fatalement, s’ils ne s’enfuient vers le large.Quant à Truxillo, fondée aux premiers temps de l’occupation espagnole,en -1524, et choisie pour capitale du nouveau département de Colon, aprèsavoir été jadis celle de toute la contrée, elle est admirablement disposéepour le commerce ; de même qu’Ümoa et Puerto-Cortès, le port est pro-tégé des vents alizés par une longue péninsule, orientée de l’est àl’ouest : les plus grands navires peuvent mouiller dans la rade profondeet bien abritée. En d’autres contrées, Truxillo serait devenu un lieu deconvergence pour de nombreuses lignes de navigation; néanmoins Truxillon’est guère qu’une agglomération de buttes : quelques centaines d’ha-bitants, presque tous Caraïbes , suffisent à l’expédition de l’acajou que l’oncoupe dans les forêts du Yoro, de la salsepareille, du bétail, des 'peauxet des métaux, que des caravanes de muletiers apportent de la provinced’Olancho par la vallée de l’Aguan ou rio Romano. Sur un espace d’en-viron 200 kilomètres, ces convois ne traversent que des solitudes.
Ce pavs d’Olaneho est une des régions de la Terre qui méritent le mieuxle nom de « Paradis » donné à un autre département du Honduras . Le cli-mat de ces hautes [daines est parfaitement sain; le sol est d’une extrêmefécondité et les savanes y alternent avec les forêts, les lieux de pâture avecles terrains à défricher; des ruisseaux, dont les orpailleurs exploitent lessables, coulent en abondance dans toutes les vallées, que dominent desmonts pittoresques et boisés. Une petite ville de métis espagnols, Juti-galpa, groupe ses maisons près d’un affluent du Patuea, qui roule aussides parcelles d’or, et dans le voisinage s’élève une ville indienne, Cataca-mas, dont les habitants, actifs et industrieux, ne se sont toujours montrésque trop dociles. On peut exporter les denrées de l’Olancho soit par la routede Truxillo, soit à l’ouest parles sentiers de montagnes qui descendent versla vallée du Choluteca, soit au nord-ouest par la rivière Patuea, que lespipantes des Caraïbes remontent jusqu’au puerto de Delon, à quelqueslieues de Jutigalpa ; et pourtant cette contrée magnifique est encore presquedéserte. Le recensement compte un peu plus de trente mille habitants dansle département d’Olancho; et celui de Colon, qui occupe, à partir de Tru-xillo, tout l’angle nord-occidental du Honduras , n’aurait pas même, avecsa capitale, une population de trois mille indigènes policés et sauvages. Desmillions d’hommes pourraient y vivre à l’aise, sans se presser comme à laMartinique et .à Barbadoes, situées sous la même latitude.
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