480
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
les ferait jouir des « bienfaits » de la traite des noirs. Mais déjà toutes lespopulations de l’Amérique Centrale comprenaient l’extrême danger d’asser-vissement qui les menaçait, et la ligue se forma contre les llibusliers : dusud vinrent les Costa-Ilicains, du nord les Guatémaltèques, tandis que lesNiearaguiens se soulevaient, et, battu de rencontre en rencontre, Wallu..fut obligé de s’enfermer dans Rivas, où il dut capituler, en 1857, aprèsquatre mois de siège. On lui laissa la vie, et il en profita pour essayerpar deux fois de rentrer dans l’Amérique Centrale ; enfin, tombé en 1860entre les mains des Honduriens, à Truxillo, il fut exécuté comme pirate.
L’insuccès des llibusliers au Nicaragua n’était pas un événement desimple importance locale, et même l’enjeu de cette guerre avait été plusque la destinée de toute l’Amérique Centrale . Il s’était agi en réalitédu sort des États-Unis et du Nouveau Monde. Les États à esclaves, quijusqu’alors avaient dirigé en grande partie la politique américaine, maisque la prépondérance économique des Etats libres menaçait de plus enplus, devaient se faire conquérants pour rétablir l’équilibre à leur profit :il leur fallait le « grand Empire Indien », c’est-à-dire Cuba et les Antilles ,le Mexique et l’Amérique Centrale . S’ils avaient pu entraîner leurs com-patriotes du nord dans la politique de conquête, ils devenaient les maîtresincontestés à Washington et la guerre de Sécession était évitée. C’est àRivas, dans le Nicaragua , que les esclavagistes perdirent leur premièreet décisive bataille. « J’ai défendu leur cause en pays étranger! dit Wal-ker en mourant. Us auront bientôt à la défendre chez eux, dans leurschamps de canne et de cotonniers. » Pourquoi le nom de Rivas ne pren-drait-il pas dans l’histoire des hommes place à côté de celui de Mara-thon ? Les péripéties de la lutte américaine n’ont pas été moins émou-vantes que celles du conflit entre l’Europe et l’Asie et la cause qui triom-pha n’était pas moins grande.
Depuis cette période critique de son histoire, le Nicaragua s’est développéavec plus de tranquillité que les républiques sœurs; dans l’ensemble, ila progressé, en population et en richesse, sans que les dissensions civilesaient eu des révolutions graves pour conséquence. Même les questions defrontières, qui d’ordinaire suscitent tant d’animosités entre peuples, ontseulement donné lieu entre le Honduras et le Costa-Rica à des pourparlersdiplomatiques, à des mémoires et contre-mémoires et à des tentatives d’ar-bitrage. Cette question des limites, d’ailleurs peu importante entre paysqui se disent confédérés, est définitivement réglée par l’arbitrage des États-Unis . Sauf quelques petits détails les deux traits vigoureux tracés sur lacarte, d’un côté par le cours du rio Segovia, de l’autre par la rive méridio-