487
aale du lac Nicaragua et le lit du San-Juan, sont considérés comme lesfrontières du grand quadrilatère nicaraguien.
La chaîne maîtresse du Nicaragua est celle qui commence dans le Hon-duras par les hautes montagnes de Cliile et se poursuit au sud-est, pa-rallèlement au rivage du Pacitique. Elle dépasse 1000 mètres par la plu-part de ses [des, atteint même 1200 mètres par ses points culminants, maiselle s’ahaisse peu à peu, et près du lac de Nicaragua elle ne s’élève enmoyenne qu’à 200 ou 250 mètres au-dessus de ce hassin. Dans l’ensemhle,cette chaîne irrégulière doit être considérée comme le rebord d’un ancienplateau présentant sa paroi brusque du côté de l’ouest et s’inclinant à l’estvers l’Atlantique par une longue contre-pente découpée en de nombreusesvallées divergentes : tandis que celles du Nicaragua septentrional se diri-gent vers le nord-est, parallèlement au rio Segovia, celles du centre s’ouvrentdirectement à l’est, et celles du Nicaragua méridional, entre autres lavallée dans laquelle coule le rio San-Juan, sont orientées dans le sens dusud-est. Les fragments de plateau découpés parles rivières ont en plusieursendroits l’aspect de sierras distinctes : telle est, au nord, la sierra de Yeluca,et au sud celle de Yolaïna, qui se termine en mer par le promontoire aigude Punla Mieo, appelé par les Anglais Monkey-point. Parmi les divers con-treforts orientaux de la chaîne maîtresse il en est un dont aucun géographe,même Paul Lévy, n’avait fait mention et qui, signalé pour la première fois,en 1874, par le naturaliste Dell, a aussitôt arrêté l’attention des géographespar la singulière ressemblance de son nom avec celui que l’usage a donnéau Nouveau Monde: c’est, non loin de Libertad, le petit massif d’Amerrique,remarquable par ses parois perpendiculaires, ses obélisques, ses grandesroches isolées. On sait que M. Marcou rattache le nom du continent àces montagnes jadis ignorées. Près de quatre siècles avant Bell, AmerigoYespueci, de même que ses compagnons et d’autres navigateurs, auraiententendu les indigènes parler de ce massif comme d’un pays de trésors, ettoute la contrée aurait été désignée sous la même appellation par lesmarins : c’est alors qu’Amerigo aurait eu l’idée d’utiliser pour sa propregloire la ressemblance de ce nom avec le sien*. La sierra d’Amerrique,appelée aussi Amerisque 2 , et Amerrisque, d’après une peuplade que l’ondit avoir été jadis puissante 3 , se trouve dans le domaine des anciens Lenca,ainsi qu’en témoigne la terminaison du mot en rique, commune dans lesrégions du Honduras qu’habitent les Indiens de ces tribus.
1 Jules Marcou, Bulletin (le la Société de Géographie , 3° trimestre 1888.
i Désiré I'ector, Congrès des Américanistes, Paris , 1890.
5 J. D. Rodriguez, Lettre à Jules Marcou . eu date du l'2 janvier 1888.