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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Momotombo ne voulut pas se laisser bénir : on ne vit jamais revenir lesreligieux qui s’étaient chargés (l’aller y planter la croix 1 2 * * .
Un autre volcan, le Chiltepeque (850 mètres), s’est formé dans les eauxdu lac Managua . Plus loin, vers le sud-est, d’autres petits cônes s’élèventen terre ferme, mais à côté d’étangs qui tirent sans doute partie duManagua à une époque antérieure. A peu près à moitié chemin entre lesdeux lacs, sur un socle d’environ 500 mètres qui forme les campagnesde l’isthme, s’élève la montagne fameuse de Masaya (851 mètres), queles Espagnols connaissaient jadis sous le nom ’ o, « Enfer »,et qui, du temps des Nalnia, aurait été désignée Popocalepell ou « Mont-Fumée » comme le grand volcan du Mexique. Ee nom de Masaya , d’originemangue, a presque le même sens ! : c’est le « mont Brûlant ». Oviedo lepremier gravit le volcan de Masaya et vit la fournaise de lave bouillon-nant dans le cratère. A cette époque, les éruptions de la « Bouche du Diable »se faisaient à des intervalles presque réguliers. Les énormes bulles de lave,qui montaient du fond de « l’Enfer » en projetant une gerbe de pierres incan-descentes, éclataient d’ordinaire de quart d’heure en quart d’heure. Hantéspar cette fascination des trésors qui poursuivait tant d’Espagnols , deuxmoines, accompagnés de trois compatriotes associés et d’un grand nombred’indiens, s’occupèrent vainement de puiser l’or liquide qu’ils croyaientvoir briller au fond du cratère. On eut alors une autre idée, et JuanAlvarez, doyen du chapitre de Leon, s’imagina de creuser un tunnel àtravers la paroi de la montagne pour la vider d’un coup du métalprécieux qu’elle enfermait; mais il ne parait pas qu’il ait pu commencersérieusement les travaux. En 1772, après un terrible débordement delaves, qui s’épancha en un vaste chaos de pierres rouges au milieu d’unparadis de verdure, l’Enfer de Masaya s’assoupit, et depuis il^ n’est sortide son repos, en 1852, que pour lancer quelques jets de vapeurs 5 .En 1856, le Aindiri, « tuméfaction » latérale du volcan de Masaya , s’estouvert un vaste cirque d’où se dégagèrent des amas de fumée*.
Sur le même socle que le Masaya, mais sur la rive nord-occidentale dulac de Nicaragua, s’élève le Mombacho (1508 mètres), depuis longtempséteint, mais jadis très actif, à en juger par ses coulées et les archipelsd’ilots éruptifs, les Corales, qui en entourent la base immergée. Au sud-
1 S([uier; — Victor Hugo, Les Raisons du Momotombo, dans la « Légende des Siècles ».
2 Oviedo y Yaldès, Histoire du Nicaragua; — G. Frocbel, A travers l'Amérique ; — Désiré
l’eclor, ISotes manuscrites.
z lielly, L’Isthme de Nicaragua .
1 Doltlus et E. de Mont-Serrat, ouvrage cité.